Flash Point

Publié le par Laurent

undefinedRéalisateur : Wilson Yip
Cast : Donnie Yen, Louis Koo, Kent Cheng, Louis Koo, Ray Lui, Fan Bing Bing, Xing Yu, Ben Lam
Durée : 85 min
Origine : Hong Kong
Année : 2007
Genre : 2B3 martial

Il était une fois deux bonhommes, un se nommant Wilson Yip et l’autre Donnie Yen (photo 1) que l’on ne présente plus! Ces deux gugusses, représentants hk du cinéma asiatique d’action contemporain, se sont un jour vexés de voir leurs voisins Thaïlandais apporter une nouvelle vision du cinéma d’arts martiaux ! En effet, ces derniers nous assènent un gros uppercut dans la tête avec Ong Bak, film violent et sans concession comportant un nombre conséquent de combat réaliste, des cascades réellement dangereuses et des coups réellement portés ! De plus, ce cinéma respire une certaine fraîcheur, certainement dû à la jeunesse même du cinéma du Sud de l’Asie.

Tony Jaa, le petit prodige thaïlandais venu de nulle part, passe même au devant de la scène, au détriment d’un Jet Li qui se fritte chez Besson et avec DMX pendant ce temps là. Donnie, le pauvre Donnie lui, se fait plaisir sur le magnifique Hero, mais aussi sur des films comme Shanghai Kid 2 (et là – no comment !)!1.JPGLa réponse aux Thaïlandais fût quasi immédiate de la part du duo Yip / Yen avec un Sha Po Lang qui fût ma foi une bonne contre attaque. Imparfait, ce film fût tout de même représentatif d’un savoir faire indéniable, mais surtout d’une remise en question bénéfique pour la production HK d’aujourd’hui! SPL se permet donc de remettre en cause le passé même de l’entreprise cinématographique d’action HK, pour qui aujourd’hui n’à de fraîcheur que les œuvres passées! Donnie et Wilson veulent donc faire du neuf avec du vieux, et SPL, en plus de rameuter quelques légendes comme Sammo Hung, se permet la venue de jeune premier, tel Wu Jing , fabuleux artiste martial ayant son propre aura de mystère (et de dégout) ! Mais SPL, aussi bon soit il, n’est pas le chez d’œuvre d’action attendu, mais seulement un divertissement de très haute qualité ! Néanmoins, SPL est une œuvre filmique ayant ouverte quelques brèches intéressantes dans son genre, exploitables mais pas exploitées malheureusement par la suite.2.JPGEn effet, Yip et Donnie se sont ensuite focalisés sur l’adaptation d’un manga, Drigon Tiger Gate pour en faire un film aux qualités techniques et martiales irréprochables mais aux scénario d’une mollesse à toute épreuve, accouchant d’un film hybride beaucoup trop moyen pour convaincre! N’empêche, on y croit dur comme faire à leur collaboration car les idées sont là, et le dernier venu, Flash Point, attendu comme le messie, arrive en grande pompe, et semble être le film de la consécration du duo Yip / Yen ! La bande annonce nous montre quelques scènes d’actions renvoyant directement SPL et même Ong Bak au banc des œuvres gentillettes, de par son dynamisme semblant tout simplement rêveur. Mais il faudra malheureusement attendre car Flash Point est loin de tenir toutes ses promesses. Le duo est bien malade malgré toutes ses bonnes intentions.3.JPGFlashpoint est un donc un polar au scénario vu qu’une dizaine de millier de fois au cinéma, et nous raconte l’infiltration d’un flic (Louis Koo : photo 2) chez un truand dont Collin Chou (Matrix 2, Blade of Fury et plus récemment dans Fearless : photo 3) en est un des sous chefs les plus dangereux. Cette affaire est suivie de très prêt par un autre flic joué par Donnie Yen, reprenant son personnage de SPL à quelques détails prêts! Ici, les flics sont tous gentils et les malfrats très méchants, c’est clair et limpide et le scénario ne connaîtra que très peu de ramification. On reste au cœur d’une enquête tout ce qu’elle a de plus banale, et on pourrait même y voir une parodie des polars d’antan, telle les Inspecteur Harry et compagnie, de part l’impartialité dont fait preuve les deux camps (on se souvient récemment du sympa Public Ennemy de Kang Wu-Seok caricature énorme des Bronson’s movie par exemple).4.JPGDonnie fait justement partie de ceux là : froid, intrépide, déterminé, peu diplomate et bien sur frimeur à mort, il est Le justicier made in HK. Donnie reste donc égale à lui-même, et aligne sans réelle conviction (m’enfin elle est pas palpable) ses traits de caractère vus déjà mille fois dans SPL, et ne prend pas la peine de faire évoluer son personnage et son jeu d’acteur ! Alors son côté rebelle est fort réussi, tout comme son côté frimeur toujours aussi marrant au second degré ! Donnie semble possédé et surtout obsédé par sa propre image, son rendu à l’écran le préoccupant plus que son jeu d’acteur ! Alors certes, on se rappelle, par exemple, des Westerns mythiques de Sergio Leone jouant sur la « gueule » et autres regards de ses personnages pour créer une ambiance particulièrement magique que l’on connaît tous (exemple extrême je le reconnais !), mais Donnie joue tellement de ça qu’il arrive même à créer une caricature d’un type de personnage vu dans les Leone, car plus poseur que Donnie, tu meurs (voir photo 4 à droite) ! Bref, je suis fatigué de voir ce Cruise martial se vider de toute consistance de film en film, car je suis un des ces nostalgiques de Donnie en plus, vu les bombes tel que Legend of the wolf qu’il a lui-même réalisé où encore de sa magnifique prestation dans OUATIC 2 : La secte du lotus blanc ! Le personnage mis à part, Donnie est quand même doter d’un talent certains niveaux bastons, une des figures principales de la scène cinématographie HK de ce côté-là, mais on y reviendra plus tard !5.JPGIl n’y a pas que Donnie dans l’affaire fort heureusement pour le seconder, et Louis Koo en flic infiltré et collègue de Donnie s’en sort pas terrible non plus, le personnage étant assez transparent par rapport aux événements ! La psychologie d’un flic infiltré chez les mafieux peut être intéressante (preuve en est de Infernal Affairs tiens) mais n’est ici que esquissé ! Puis il y a Collin Chou qui joue la sobriété de façon convaincante, et qui apparaît comme l’adversaire (le seul d’ailleurs) le plus dangereux de Donnie. J’adore cet acteur et le voir dans Flash Point reste un des points positifs du métrage. Puis il arrive à créer autour de sa personne une certaine tension que l’on palpera lorsque ce dernier découvre que son collègue n’est autre qu’un flic ! En tout cas, il faut le surveiller de prêt ce gaillard dans le futur. Puis pas la peine de se concentrer sur les autres seconds couteaux, entourage en tout genre de nos trois gugusses, car ils ne servent en fin de compte pas à grand-chose. Ils permettent juste d’étoffer de façon ultra superficielle un récit qui l’est tout autant ! On retiendra juste un certain Cheng Kent (photo 4, en survet), le Pied Bot de Il était une fois en Chine, où le malchanceux dans Run and Kill, qui joue au rôle transparent malgré sa « gueule » toujours aussi unique, puis les quelques femmes qui apportent un soupçon (le mot est pesé) de légèreté dans ce monde de brute.6.JPGPuis pour couronner le tout, l’intensité dramatique de l’ensemble est plus que moyenne, et seule quelques passages tirent le récit vers une dramatisation assez pauvrette, notamment lors d’une explosion « attentat » d’une bombe (magnifique d’ailleurs) aux conséquences tragiques qui permettra d’avoir une semblant d’implication, catalyseur d’une explosion de haine chez Donnie.7.JPGEt c’est là que l’on retrouve notre Donnie que l’on aime tant ! Car malgré un facteur technique appréciable et une mise en scène de Yip très convaincante (et il en est convaincu le bougre, ça se sent : photo 5, un plan magnifique), on se pavane d’ennui la plupart du temps pendant une heure environ sans réel plaisir et on reste sur notre FAIM! Mais ensuite ; on passe ENFIN aux choses sérieuses ! ENFIN, car ce fût d’un long, mais d’un long…! M’ENFIN, on arrive ENFIN à une scène d’action énorme divisée en plusieurs partie et où la tension, la vraie, est ENFIN palpable ! On commence ainsi avec une petite baston dans un restaurant très courte mais très dynamique, avec un Donnie rageux comme pas possible (voir le bouclage de la baston, avec un Donnie d’une énorme cruauté, achevant son adversaire comme un gaga!) et on se réconforte tout d’un coup, car la séquence à proprement dite est d’une maîtrise totale, réaliste et très violente. L’enchaînement de plans tous propres est de toute beauté ! Ca fait mal, très mal, mais c’est très court !8.JPGMais no worries, car la suite s’enchaîne très vite, avec une séquence de chasse/fusillade dans un cadre rural magnifique ! La caméra se dynamise violement pour notre plaisir en suivant nos acteurs dans leurs courses (photo 6), Donnie se réfugie derrière les arbres pour mieux viser, et Wilson Yip se fait plaisir ! Car techniquement parlant, c’est tout simplement prodigieux, sa caméra restant nerveuse sans oublier la lisibilité de l’action (même si Donnie y soit passé derrière pour ces scènes) !9.JPGPuis arrivera le duel tant attendu, à savoir Collin Chou contre Donnie Yen et là, c’est d’une efficacité redoutable, avec une violence rarement vue auparavant ! Quand Ong Bak s’amusait à nous faire peur à base de coup de coude et autres cassages de membres, Flash Point s’amuse à nous poser quelques prises de soumissions aussi impressionnantes visuellement qu’éprouvantes pour nos sens (photo 7) ! Puis les deux gugusses se donnent à fond ! Le clou du spectacle niveau réalisme, reste au niveau de ces ralentis de coups de poing d’une puissance hallucinante touchant les visages de nos combattants, avec déformation et giclé de sang à l’appui ! J’ai beau réfléchir, je n’ai jamais ressenti une telle puissance, une telle violence ressortir d’un coup de poing auparavant! L’environnement est utilisé de façon maligne qui plus est, faisant passer cette chorégraphie pour une vraie baston de rue, où seul l’envie de tuer prime sur le reste ! Les adversaires sont donc jetés à même les murs et autres colonnes de bétons et ça fait mal ! On imagine sans mal le travail effectué sur ce combat en amont par le staff, que ce soit niveau cascade, chorégraphie et mise en scène (photo 8, 9 et 10 pour de belles images). On a affaire à une des meilleures séquences d’actions de ces dix dernières années, tout pays confondus, sans parler du niveau martial, Yip / Yen ayant trouver le compromis idéal entre combat chorégraphié à la HK et combat bourrin à la Thaïlandaise, (et que l’on me dis pas que Ong Bak et TYG sont des films aux combats chorégraphiés, ggrrrrr).10.JPGMalgré cette scène de folie, on ne peut s’empêcher de crier au scandale vu le bâclage limite « je te prends pour un con » du reste, de la faiblesse d’un récit qui aurait pû être beaucoup plus passionnant, car au-delà d’une séquence d’action hallucinante, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent ! Bien sûr, Wilson Yip est un très bon faiseur d’image, la bande sonore est pas mal, la photographie est magnifique, mais dans le fond, on est très loin du but et souvent proche d’un ennui, cause de nombreux bâillements.

Après, on peut toujours se remettre la scène en question, mais autant faire un court dans ce cas là ! Je retourne à mon SPL.

Note: 5/10

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Publié dans Kick and Sword

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O
un film énorme, un final de dingue, un Donnie Yen plus fabuleux que jamais, bref un immanquable
Répondre
L
Dommage que les Twins ne soient pas présentes... ^_^