New blood
Réalisateur : Soi Cheang
Cast : Bernard Chow, Niki Chow, Cyrus Chow, Winnie Leung
Durée : 90 min
Origine : Hong Kong
Année : 2002
Genre : Tu veux avoir peur mais pas trop?
Durant sa quête de la représentation décalée de la peur sur grand écran, Soi Cheang réalise New Blood, film racontant les mésaventures de trois individus en prise avec une revenante peu catholique. Réalisateur du tripant Dog Bite Dog, et aussi dans un style plus proche de New Blood du réussi Home Sweet Home, Soi Cheang signe avec New Blood un film intéressant mais parfois un peu trop brouillon dans l’ensemble.
Le scénario nous place donc au cœur d’une histoire de fantôme pas vraiment comme les autres, à savoir déjà que la petite fille aux longs cheveux noirs est absente (bon, elle est chauve en fait : photo 1!) et que les différents ressorts scénaristiques se révèlent plus présents qu’à l’habitude, même si le thème de la vengeance a déjà été utilisé mainte et mainte fois (comme dans la mini série coréenne Coma plus récemment). Après avoir donné du sang pour une femme entre la vie et la mort, deux mecs et une nana (photo 2 de famille) vont commencer à sentir une présence malveillante autour d’eux, et la pression, la peur et surtout la paranoïa vont petit à petit les rendre fous! Et Soi Cheang sait plutôt bien y faire pour nous plonger ces personnages dans la tourmente et instaurer une ambiance assez pesante. La première partie du film, et aussi la meilleure, met tout son temps pour instaurer cette ambiance glaciale, et le réalisateur se montre encore une fois être un merveilleux faiseur d’image, grâce à une mise en scène recherchée et à une photographie étonnamment sombre et glaciale. On peut même voir en certains plans une inspiration du style clair / obscur avec des lumières saturées de blancs sur fond d’ombres noirs bleutés ! En tout cas, visuellement, il y a rien à dire de ce côté car New Blood est une vraie petite merveille. Mais la beauté purement visuelle de New Blood est contre balancée par un montage parfois énigmatique, et on ne comprend pas toujours ce qui se passe à l’écran! Alors, nous avons tout de même droit à quelques bons moments de flippes inspirés par ce fameux montage et l’ambiance environnante, mais la seconde moitié du film se voit tout simplement pénalisée par un montage beaucoup trop incompréhensible. Ce n’est pas épileptique, ni trop lent, ni trop rapide, juste trop énigmatique avec des plans pas toujours lisibles empilés les uns aux autres, et c’est réellement dommage ! Peut être est-ce juste un problème de goût?
Alors des moments de flippes, il y en a un paquet ! D’apparitions du soi disant fantôme lors d’un éclair à quelques cadavres disséminés à droite à gauche, ça fonctionne souvent dans le bon sens du terme, m’enfin surtout dans la première partie du film. Je crois avoir un gros problème avec cette seconde partie. En effet, pour commencer, le scénario s’embourbe dans une complexité assez inutile, avec des événements qui finissent par devenir soûlant pour nos sens ! Le trio de personnage n’aide pas réellement non plus, car seul le portrait féminin (Niki Chow : photo 3 et 4) touche réellement sa cible car émouvant, intriguant et déstabilisant. Nos deux autres gugusses ne sont, quand à eux qu’à moitié convaincant. N’oublions pas la présence de quelques rebondissements concentrés sut la fin qui s’avèrent très sympathiques (et pas trop téléphonés : bingo !) et qui permettant même au film de finir sur un bon pied. Puis n’oublions pas une violence visuelle bien présente tout au long du film qui permet d’accentuer avec un certain brio le sérieux de l’histoire, le second degré n’étant absolument pas de la partie (photo 5 par exemple)!
Malgré tous ces défauts (scénario au fil rouge confus, montage étrange, ect..), Soi Cheang arrive tout de même à ne pas nous perdre en route, et la motivation reste toujours présente grâce à la beauté même du film qui je le répète vaut réellement le coup d’œil ! Si vous êtes fan du genre, n’hésitez surtout pas (d’ailleurs, un ersatz « à peine camouflé si on est sourd» du thème fabuleux de Requiem for a dream vous fera plus que sourire….).
Note : 5,5/10