The Host
Réalisateur :Bong Joon-Ho
Acteur : Song Kang-Ho, Park Hae-Il, Ko Ah-Seong, Bae Du-Na, Byeon Hee-Bong
Durée : 119 min
Origine : Corée du Sud
Année : 2006
Genre : Homer contre attaque
Après le chez d’œuvre Memories of Murder (un putain de chez d’œuvre, excusez moi du mot), voici le nouveau petit bébé de monsieur Bong, The Host. Tout commence avec une scène mettant un vilain ricain donnant l’ordre à un « collègue » coréen de déverser une substance hautement toxique dans la rivière Huan. Le film pose donc directement le pourquoi de ce qui suivra et quelle suite! Après une présentation rapide, mais se la jouant plus subtil qu’il n’y paraît, des personnages du film, une famille vivant au bord de cette rivière maintenant contaminée, on comprend déjà que le réal à en tête de mélanger les genres comme sur son précédent Memories of murder. C’est donc sous la comédie légère que l’on découvre Gang-du (merveilleux Song Kang-ho : photo 1) et sa famille, son père tenant un snack et vivant avec sa fille d’une dizaine d’année. Et il faut moins de 10 minutes à Bong pour nous présenter ses personnages, leurs pensées, leurs caractères et mine de rien, c’est tout de même déjà un petit exploit que Bong nous fait là, une telle simplicité d’expression se faisant de plus en plus rare. Puis en connaissant déjà la ligne principale du scénario, on a déjà peur pour eux !Et le monstre dans tout ça, il ne tarde pas à se montrer. Et quelle claque, je trouve que l’apparition d’ Homer (je trouve que ce nom lui va bien au monstre non ?) est un grand moment de cinéma tout simplement, sortant des sentiers battus, porté par des mini plans séquences géants ! On passe du comique à l’horreur en quelques secondes (on commence à avoir l’habitude), Gang-du découvre la bête en même temps que nous, fonce vers nous et cours en parallèle à coté de nous, et on remarque déjà que l’utilisation de la profondeur de champ est utilisé de façon optimum, que le travelling qui suit témoigne d’une maîtrise totale de l’espace, de la mise en scène et des sfx. J’avoue avoir eu les sueurs froides en découvrant la bête de cette façon là, mes poils se sont hérissés, mon cœur battait la chamade, et ce n’est que le début de la scène. Homer continue son escapade au bord de la rivière avec ce souci des détails, la bête n’est pas un monstre niais, il a juste faim, il a la dalle, il se déplace comme il peut, il trébuche, il fonce vers ses proies. Les plans nous mettent toujours Homer en comparaison de l’échelle humaine, pratique devenant de plus en plus courante dans les sfx grâce à leurs améliorations ces dernières années, et ça renforce grandement la terreur ressentie par les victimes. Le réal arrive même à travers quelques plans à nous rendre de cette attaque surprise de Homer en banalité quotidienne (voir plan intérieur du tramway, géant).20 minutes à peine et je suffoque déjà de joie (séquence détaillée dans l'article ci dessous : photo 2).
On continue sur le combat de la famille (photo 3, hystérie collective) pour récupérer la petite dernière enlevée par Homer, le tout sous le mix toujours maîtrisé de la comédie / horreur. Car malgré ce qui a été di précédemment, ce n’est pas un film de monstre avant tout, mais un drame familiale. Certes la chasse aux monstres est ouverte (photo 4), mais on assiste au combat d’une famille face aux autorités, face au pouvoir mise en place. Et le point de vue de la famille durant tout le métrage change tout au tout pour ce genre de film. Récemment, seul « La guerre des mondes » avait osé ce parti pris dans un autres style (combat contre l’envahisseur et la survit). Ici, la famille doit aller au front, ruser pour trouver son chemin et retrouver la petite dernière de la famille, car le monstre n’est en fait pas le grand méchant du film, il représente en fait tout simplement la cerise sur le gâteaux.
L’ambiance vire petit à petit dans le glauque, car la chasse se poursuit dans les égouts, lieu de cachette pour Homer. Et les grandes séquences pullulent, entre pure terreur (la petite fille, impuissante dans le repère d’Homer), comédie (l’épisode de l’hôpital), satire sociale (les deux gamins affamés) ou en action movie bien sûr (nombreuses et magiques !).
La film continue sans aucune lassitude, le scénario évolue de bien belle manière, jusqu’à arriver à une fin qui se transforme en un super morceau de bravoure, l’homme contre la bête, David contre Goliath, le tout au ralenti (magnifique déambulation de la bête),le tout sur fond de manifestation digne d’un Mai 68 (photo 5 et 6). M’enfin je pourrai en écrire des tonnes.
Ce film est donc le chez d’œuvre attendu, aussi divertissant qu’intelligent, aussi frissonnant que marrant!
Un putain de chez d’oeuvre quoi !
Note : 9/10