Coma

Publié le par Laurent

Réalisateur : Gong Su Chang, Jo Gyu Ok, Yoon Jun Seok, Kim Jeong Gu, Gong Su Chang (dans l'ordre des épisodes)
Cast : Lee Jung-hun, Myung Ji-youn, Jung Bo-hoon, Jung Jae-jin, Lee Se-eun, Lim Won-hee, Cha Soo-yeun, Choi Hai-in, Cheon Jung-ha, Bae So-yean, Han Tae-il, Rie Young-jin
Durée : 61 min, 54 min, 47 min, 55 min, 65min
Origine : Corée du Sud
Année : 2006
Genre : Drama-horrifique

Plusieurs personnes se retrouvent dans un hôpital un soir de pluie et d’éclair pour différentes raisons. Mais certaines de ces personnes semblent liées à un passé des lieux plus qu’inquiétant. Et c’est par ce pitch que commence cette série de 5 épisodes des plus réussis. Ces 5 épisodes ont la particularité de raconter la même histoire dans un laps de temps à peu près égale, mais avec des points de vue différents. On suit donc avec bonheur une prospectrice dans les assurances, une nurse, un inspecteur, une voyante artiste et un docteur maboul (voir photo 2). Ces différents personnages, tous campés par des acteurs assez talentueux, sont donc, les uns après les autres, héros à leurs sauces des événements se déroulant dans cet hôpital (voir photo 1). 

Le procédé des différents points de vue est utilisé de fort belle manière en gardant une cohérence excellente le long des 5 segments. On croise l’un au détour d’un couloir dans un épisode, on comprendra par la suite où ce dernier allait, et ainsi de suite. Et il est important de noter que ce procédé sert de passerelle pour faire évoluer l’histoire avec brio, cette dernière étant démoniaque et ne prêtant pas du tout à sourire. On assiste bien à un drame derrière ce que l’horreur nous montre, un drame énorme, fatalement humain malheureusement. Cette absence de second degré renforce cette ambiance déjà bien lourde. Des flash-back, au ton très légèrement sépia, viendront s’incruster dans l’histoire pour mieux remonter à la source du drame. Et aucune sensation de lassitude ne se fait ressentir pendant les 5 segments, ce qui est un exploit en soi, vu le lieu commun et l’histoire se répétant plus ou moins pendant la série.

Mais COMA est aussi et avant tout un ghost movie dans la pur veine de ce que l’on nous sert depuis les Ring de Hideo Nakata et consort, et l’on ne peut être que surpris du résultat venu de Corée de Sud (pas de perruque ici !), car malgré l’image de la fille aux cheveux noirs recouvrant le visage d’un regard que l’on imagine terrifiant (voir photo 3), l’oppression est bien présente, notamment dans les secondes parties des différents segments proposés.
Les décors du film sont impressionnants de crasse et de tension et à la vue de ces couloirs et des salles d’opérations abandonnées, on palpe facilement un passé douloureux et sanglant (voir photo 4 et 5). Ces décors réalistes et terrifiants sont renforcés par une photographie froide de plus bel augure. Puis la mise en scène n’est pas en reste, car malgré le fait que ce produit fût formaté pour la télévision Coréenne, elle se montre à la hauteur d’un produit fait pour les salles obscures, tout comme les sfx. La peur est bien là, parfois suggéré, parfois visible, et la violence est bien présente. J’entends par là que il y a bien du sang qui coule, violence accentuée par le thème et la gravité de l’histoire, et ce qui hante l’hôpital est bien avide de vengeance et nous le montre grâce à des scènes vraiment bien troussés (voir le coup de l’ascenseur notamment).

Chaque épisode à ces moments de gloire, notamment sur leur fin. On se souviendra notamment de l’ »happy birthday » clôturant le premier épisode (voir photo 6), passage d’une flippe phénoménale, où encore la scène de l’ascenseur déjà présenté en amont (on pense notant au film au doux nom « l’ascenceur » des 80’s), et des passages flippant de ce genre, il y en a tout de même pas mal. Notons aussi que chaque épisode présente des petites particularités plutôt bienvenues. L’enquête de l’inspecteur est notamment présentée de façon plutôt originale, en effet, l’imagination de ce dernier et sa présence physique nous sont montrée simultanément à l’écran. J’entends par là qu’il assiste, tel un acteur, à son imagination afin de résoudre le puzzle dans les mêmes plans. Les délires de la voyante sont aussi un petit régal, un épisode au delà des sens (voir photo 7), un peu bizarre aussi, mais sympa dans le contexte de la série. C’est aussi ces petites différences dans la manière de narrer et de présenter les différents points de vue des personnages qui font que la série se renouvelle bien entre les segments.  Mais tout n’est pas parfait, car parfois le temps m’a paru un poil long, mais rien de bien grave cependant. Certains effets sont aussi un peu à la ramasse. Si une course d’une des héroïnes s’éloignant de la pénombre est captivantes, que pensez de ce fantôme apparaissant soudainement au pied d’un lit, sur l’électrocardiogramme, ou encore remontant le corps de quelqu’un, etc. Au milieu d’effets nous faisant frissonner, on a le droit à d’autres effets moins satisfaisants, il y a rien de grave au niveau de ça, mais l’impression de remplissage pour le cahier des charges « peur « se fait légèrement sentir parfois.  

Pour conclure, je dirais que COMA est une très bonne drama-horrifique (le style ne m’étant pourtant pas cher), certes imparfait, mais motivé par de réelles envies de bien faire. Et après tant d’épreuves passées, on ne se souciera pas, en fin de compte, de trouver cette histoire tout simplement bouleversante et émouvante. Une belle réussite.

PS : a noté que le premier et dernier segments sont réalisés par le faiseur du sympathique R-Point.

Note : 8/10

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Publié dans Asian Horror Show

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