Fu Bo
Réalisateur : Wong Ching Po, Lee Kung Lok
Cast: Johnson Lee, Liu Kai Chi, Pauline Suen , Eric Tsang ,Anthony Wong
Durée : 82 min
Origine : Hong Kong
Année : 2003
Genre : A la vie, à la mort !
Fu Bo est un film étrange, en mi teinte et nous invitant à une réflexion nous concernant tous ! Comment l’homme se comporte t’il lorsque la mort le côtoie de prêt ou de loin ? Fu Bo essaye de nous dévoiler une des clés de l’énigme à travers le portrait de trois personnes bien distinctes.
Tout d’abord, on suit l’oncle Fu (photo 1), assistant dans une morgue. Son métier est de vider les différents corps morts de toute substance et de les laver histoire de bien les préparer pour la suite de leur séjour sous terre. En parallèle, on suit aussi le parcours d’un cuisinier pas comme les autres (photo 2)! En effet, ce dernier réalise les derniers repas de condamnés à mort. Puis il écoute les dernières paroles des condamnés, leurs confessions de leurs vivants tout en prenant soin de les écrire, histoire d’en garder une trace. Puis enfin, on suit aussi un mafieux exécuteur faire son travail. Nous avons donc trois personnages liés par une seule entité invisible à savoir la mort. Le film se pose en tant qu’objet filmique bien spéciale, car il nous propose un voyage à l’ambiance mais alors très bizarre et assez unique, entre passages gore rouge de sang et froideur peu commune. On suit donc, en parallèle nos trois personnages avec une certaine curiosité, autant dans les situations originales que dans leurs traitements par les réalisateurs. Sachez que le parcours du mafieux ne sert absolument à rien à ce film, et je préfère me concentrer sur les deux autres qui sont autrement plus captivant. Le portrait de l’oncle Fu est intéressant à plus d’un titre, lui qui se retrouve en proie facile à ses démons à causes de certains événements passés, lui qui se retrouve seul avec lui-même avec les morts, lui qui se retrouve en confrontation avec ses collègues (photo3), lui qui se questionne sur son existence même ; On assiste ainsi à un portrait assez spéciale d’un homme qui vous sa vie aux morts, alors que la vie elle-même n’est qu’une triste allusion. Ces regards en dise long sur son bonheur intérieur, tout simplement absent ayant les ferveurs d’une absence total d’espoir ! D’ailleurs, Liu Kai Chi interprète son rôle de bien belle façon, avec sa sobriété et tirant une tronche d’enterrement dès que l’occasion se présente. Sympa même si les passages avec monsieur Fu sont parfois bien chiants (j’y reviendrai)!
En parallèle, on suit aussi le parcours d’un chef cuisinier vouant sa vie aux futurs morts. Ce portrait est de loin le plus émouvant avec ses différents récits des condamnés à mort plutôt bouleversant d’un épatant Anthony Wong (photo 4)en quête d’une certaine rédemption assis sur ça chaise de la mort ! On verra aussi quelques apparitions du toujours bienvenu Eric Tsang (photo 5)dans sa cellule toute moite. Le cuisinier écris donc leurs dernières paroles afin qu’elles ne soient jamais oubliés ! Ce cuisto mélancolique est magnifiquement joué par Jacob Mense ? (je suis pas sûr de son nom), inconnu au bataillon ! Un rôle fort et émouvant, trouvant ces plus belles lettres de noblesse lorsque ce dernier se promène dans un parc et palpe le bonheur l’entourant de toute part, comme cette petite fille jouant avec sa mère. Pour ma part, c’est le portrait le mieux exploités du film, grâce à sa finesse d’écriture et son originalité.
En fin de compte, le message principal de ce film est bien paradoxal selon les personnages. Du côté du cuisinier, c’est bien en étant le plus proche de la mort que l’on prend conscience que la vie en vaut la peine, que les bons côtés peuvent facilement prendre le pas sur les mauvais, alors que du côté du médecin légiste, la vie n’est autre qu’un enfer réelle, et la mort ne permet en aucun cas de prendre conscience de la valeur réelle de la vie (trop de philosophie, ça me rappelle de mauvais souvenirs). Et ce film amène à quelques réflexions des plus sympathiques.
Malheureusement, les réalisateurs ont voulu mixer leurs approches, se voulant aussi proche du film de genre que du film d’auteur, et c’est là que le film échoue. Ainsi, d’un côté, on a parfois le droit à un montage clipesque et plutôt maîtrisé, voir recherché, avec un rythme souvent envoûtant (d’ailleurs La voie du Jiang Hu, filmé après Fu Bo, suit aussi cette voie). Avec ça, on a le droit aussi à quelques vidanges corporelles de plus bel effet certes, mais complètement inutiles à mes yeux, le but étant peut être d’obtenir la classification en Catégories III. Ces passages gores permettent un total désenvoûtement de l’ambiance instauré au préalable, un comble (photo6) ! Puis viens aussi le côté film d’auteur, qui parfois plombe d’ennui le film. J’ai souvent failli craquer lors de certaines baisses de rythmes tout simplement géantes, mes paupières devenant horriblement lourdes !
Quel dommage tout de même, car le thème est fascinant, l’ambiance parfois totalement envoûtante, ses personnages bien travaillés, mais tout ça entaché de gros défauts bien pesants à la longue. Je vous conseillerai tout de même de vous forger votre propre idée sur ce film qui fût révélateur d’un certain talent en la personne de Wong Ching Po, et qui représente tout de même une expérience qui n’est pas vain pour nous humain ! .
Note : 5.5/10