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Extrem Asia : Interdit -16 ans

Réalisateur : Takashi Ishii

Cast : Aya Sugimoto, Hironobu Nomura, Renji Ishibashi, Kenichi Endo, Mizaki Yazuburo, Terajima Suzumu

Durée : 115 min

Origine : Japon

Année : 2004

Genre : Bondagement vôtre

 

Flower and snake est un pari audacieux pour Kubik ! Il fallait oser sortir un film de cet acabit, un film présentant autant de tabou en l’espace d’un peu moins de deux heures. L’accroche sur la pochette ne lésine pas sur les termes racoleurs qui définissent pourtant bien le film, je cite « … où une femme fatale se perd dans le monde du fétichisme, de la torture et du bondage sous l’emprise d’un yakuza aux fantasmes les plus pervers ». Au moins, chez Kubik, ils sont directs et ils ne mentent pas sur leurs marchandises car nous sommes bien en face d’un pur film déviant.

 

Le scénario, inspiré d’un roman écrit par Oniroku Dan ne s’étale que sur quelques lignes : pour régler une énorme dette aux yakuzas, Takayoshi, un patron véreux vend Shizuko, sa femme. Le chef du gang, âgé d’à peine 95 ans, en profite pour assouvir ses fantasmes les plus pervers. Shizuko devient ainsi le joujou des yakuzas et le premier rôle macabre d’un spectacle fabriqué pour la bourgeoisie déviante, ces derniers prenant un malin plaisir à voir souffrir cette pauvre Shizuko. Mais avant de subir tous ces supplices, elle vivait une histoire d’amour imparfaite mais cohérente avec son mari ! Deux métiers envahissants, une réussite qui se lit sur leurs visages, une situation sociale excellente, un couple bien fait pour s’entendre donc. Une fois kidnappé, ce bonheur parait bien loin, voir irréel, on passe du rêve au cauchemar, du paradis à l’enfer…  

Et quel enfer ! Les Yakuzas n’y vont pas de main morte avec Shizuko qui sera rejoint par une copine (voir photo au dessus) un peu plus tard. Séance de torture, viol à répétition sous les feux des projecteurs, et le tout animé par un Yakuza en tutu! Les ombres spectatrices ricanent, rigolent du spectacle qui leurs sont offerts et leurs jouissances atteindra le maximum quand deux nains arriveront avec chacun un masque au nez bien plus long et utile qu’a l’accoutumé, m’enfin bref je vous évite les détails. Une musique de fête foraine accompagne ces perversions rendant l’ambiance étrange voir un poil ironique, d’autant que la mise en scène fait passer cette torture pour un vrai show théâtrale ! En effet, Ishii Takeshi nous gratifie d’une réalisation impeccable jouissant d’une photographie sublime. Les angles sont recherchés et privilégient la sensualité à la moindre occasion. De ce côté-là, il faut avouer que le début du film nous en met plein la vue, un bout de jambe par ci par une magnifique jupe fendue, une silhouette raffinée par là, d’autant que l’actrice Aya Sugimoto est d’une beauté sans équivoque (voir photos ci dessous…) Mais une fois que l’on passe dans la salle des tortures, c’est plutôt l’inverse. On rejette toute cette sensualité de la même façon que Shizuko rejette et se dégoûte d’elle-même au fil de son malheur. La mise en scène nous pose ainsi en simple témoin des événements et privilégie cette fois ci le spectacle. Le réalisateur a pour but de nous faire prendre du plaisir tel ces spectateurs peu scrupuleux, mais même si il y arrive pendant un certain moment, il nous perd malheureusement en cours de route!   

A force de vouloir mettre toute ses idées artistiques en image, Ishii Takeshi rend sa torture beaucoup trop répétitive et ennuyeuse sur la longueur. Ainsi, durant cette longue période, il nous offre les uns après les autres des tableaux digne des plus grands maîtres avec des ambiances qui changent au gré des lumières, passant d’une beauté nue au milieu d’un spot lumineux aveuglant à des femmes vêtues d’un cuir réfléchissant un rouge atomisant. Takeshi Ishii ose même incorporer un soupçon de poésie avec une neige artificielle tombant lentement alors que Shizuko est attaché par es cordes sur un morceau de bois dans une position peu agréable. Le film reste beau mais devient trop plat au fil du temps, malgré l’effort porté par l’actrice quant à l’évolution de sa personne. De la naissance d’un espoir au visage tuméfié par la peur en passant par une totale perte d’identité et de fierté, on n’échappe aucunement à ce voyage sordide vécu par la pauvre Shizuko. Mais c’est trop long, on passe d’une torture à une autre avec un intérêt sans cesse diminuant, le rythme du tout n’aidant pas non plus. Je dois bien avouer que je me suis forcé un minimum sur la dernière demi heure, l’ennui prenant le pas sur le reste. Takeshi Ishii n’a pas su insuffler au film un renouvellement que l’on est en droit d’attendre, même si ce n’est peut être pas le but premier de ce cinéma. 

Le film pose tout de même problème, au même titre que les Guinea Pig à leurs époques. Ici, la femme est réduite à ce qu’elle a de pire (voir photos juste au dessus). Elle est la soumise, elle est l’esclave, elle est le jouet de l’homme, elle n’est rien à part un pantin de désir et de fantasme pour les riches, l’aristocratie scrupuleuse. Bien sûr, il faut savoir rester objectif et aller au-delà de cette troublante et scandaleuse vision de la femme pour « essayer » de prendre plaisir en face de ce genre de film. Il est même préférable d’en avertir les plus jeunes car le film va tout de même très loin dans le bondage et autres délires Sado-Maso sans toutefois dépasser la limite de la pornographie. Mais ne vous y trompez pas, Flower and snake ressemble à un vrai film, et il serait dommage de le définir d’une façon trop réductrice malgré la représentation horrible de la femme dans cette société. D’ailleurs, ne vous inquiétez pas, Shizuko aura son mot à dire sur la fin et aussi soumis soit elle, la vengeance n’en sera que plus grande, heureusement d’ailleurs. Girl Powa !  

Flower and snake est donc un film dérangeant, assez audacieux, visuellement impeccable mais qui souffre d’une redondance bien trop élevée sur sa dernière partie. Il faut tout de même saluer la performance aussi bien physique (de naissance) qu’artistique de la magnifique Aya Sugimoto, qui valorise le film de son aura unique. On remarque d’ailleurs dans le making of du film qu’elle n’a aucunement souffert lors du tournage, l’ambiance du plateau étant relativement bonne enfant et présentant un staff technique au petit soin pour l’actrice. Personnellement, la vision globale de ce film m’a laissé assez perplexe mais dans son genre respectif, Flower and snake reste sans aucun doute un film réussi, car généreux dans son érotisme, ses délires SM, et des comédiens réellement convaincant…Pour les amateurs et les curieux quoi…

 

Note : 5 / 10

Par Laurent
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Réalisateur  : Herman Yau
Cast : Mark Cheng, Maggie Siu, Lam Suet, Kenny Wong, Hui  Siu Hung, Jay Lau, Kris Gu, Fung Hak Gun
Durée : 97 min
Origine : Hong Kong
Année : 2007
Genre : An oriental black magic

Rappelez vous Ebola Syndrom où le film qui pousse très loin la représentation de la violence et autres réjouissances répugnantes ! De mémoire, ce film reste un des plus fous à être venu au monde, que l’on aime ou pas.  Avec sa vingtaine de film à son actif, Herman Yau n’est plus un jeune joueur, et récemment, il m’a d’ailleurs fait plaisir avec son polar On the edge très sympathique lorgnant vers Infernal Affairs et consort ! Mais Herman Yau reste avant tout le fou de ses Untold Story et autre Ebola Syndrom à mes yeux, et quand les news d’un forum annonce son retour dans de la Cat III bien méchante, je suis tout happy !

Le pitch étrange dans le ton de suite : un enquêteur au doux nom Rockman (photo 1 : le sobrement excellent Mark Cheng : prochainement en dvd fr dans Invisible Target) enquête sur des meurtres mystérieux. Un soir, sa femme subit les méfaits d’un magicien utilisant de la magie noire (d’où le titre même du film), mais le pire arrive quelques minutes plus tard quand ce dernier fini par s’acharner sur le pauvre bébé qui meurt dans d’horrible souffrance (choquante vision d’ailleurs : photo 2). La femme, qui reste vivante après l’attaque, n’est pas au bout de ses peines car au-delà de la perte de son enfant, le sortilège persiste en elle. Rockman décide d’aller plus loin dans son enquête afin de trouver ce maléfique magicien et pourquoi pas sauver sa femme du terrible maléfice qu’elle subit.

Une enquête teintée d’un surnaturel d’une noirceur sans équivoque commence, et Rockman et son collègue (Lam Suet, il doit être cloné ce type tellement il est partout : photo 3) vont petit à petit descendre dans un enfer urbain des plus crédibles. Herman Yau nous plonge dans un univers où la magie n’a jamais été aussi noire ! D’ailleurs, le jeteur de sort accuse le coup de ses maléfices et son don l’a physiquement écorché (photo4) ! Tête fatiguée mais surtout coupée de toute part, déambulation digne d’un zombi, ce jeteur de sort ne rigole pas, et le voir en train de faire son travail ne donne du tout envie de sourire !  Vues d’insectes répugnants (photo 5  en train de sortir prématurément d’un corps), mixture maison fait de sperme et de sang mélangés pour que le sort fonctionne dans une ambiance malsaine et une photographie inquiétante : bref, Herman Yau ne semble pas avoir de limite et c’est visuellement horrible mais maîtrisé ! Herman Yau s’est donné les moyens et même si il évite le ridicule de peu pour certaines séquences (voir la tête qui se détache d’un corps), le tout se révèle réellement honnête et sans aucun degré ce qui est appréciable de nos jours ! La mise en scène jouant tantôt avec les effets de styles contemporains (voir le montage haché lors des séquences de magie noire) tantôt avec un style plus posé, est excellente malgré quelques effets de peur n’atteignant pas toujours son but.

La peur est donc omniprésente tout au long du métrage par la présence physique où invisible de Gong Tau. Le son, superbement travaillé par ses quelques thèmes aux percussions mystiques ne fait qu’accentuer l’ambiance de belle manière et ce n’est pas la descente chez un suspect qui pourra renier ça : peur de l’invisible, caméra à l’épaule suivant nos inspecteurs entre deux couloirs délabrés et une musique renforçant l’immersion : superbe ! Les méthodes de police sont aussi mises à sac dans le film par le biais de quelques interrogatoires musclés par le père inspecteur ne pouvant plus supporter toute cette pression. Puis, Cat 3 made in Herman Yau oblige, quelques plans nichons sont aussi de la partie pour nous rappeler que cette œuvre reste avant tout un film d’exploitation …

Gong Tau est donc un excellent film d’horreur, à l’ambiance ultra travaillée et sans second degré ! Malgré quelques légères baisses de rythmes et un récit un poil décousu par moment, le film vaut son pesant d’or car intriguant, mystérieux, cruel et non dénué de rebondissement très sympathique dont une fin qui marche à merveille. En tout cas, cette magie noire reste la plus violente et malsaine jamais vu sur écran pour ma part. Bon courage ! 

Note : 7/10

 

Par Laurent
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undefined Réalisateur : Park Chan Wook
Cast : Choi Min-Sik, Yo Ji-Tae, Kang Hye-Jeong, Ji Dae-Hang, Oh Dal-Su
Durée : 120 min
Origine : Corée du Sud
Année : 2003
Genre : Vengeance, qui es tu?
 

Après un Sympathy for Mr vengeance mémorable, voici la seconde œuvre de Park Chan Wook sur son thème favori : la vengeance. A part ce sujet principal, Old Boy ne ressemble pas à son petit frère, ni à n’importe quel autre d’ailleurs ! Qui mieux que Oh Dae Su, héros avide de vengeance du film, peut nous parler de ce conte macabre !

 

« 15 ans, putain, 15 années de merde à vivre comme un chien en cage, comme un prisonnier dans sa tour de Babel ! Pourquoi toute cette mascarade autour de ma personne, pourquoi cet enlèvement au détour d’une cabine téléphonique, pourquoi moi ? Moi, Oh Dae Sue, simple employé et père de famille imparfait! Puis pourquoi ce jour ci, le jour de l’anniversaire de ma fille ? Bon, c’est vrai que j’ai tendance à trop boire, quitte à atterrir au commissariat et rendre fou ces putains de ripoux (photo 1 : ou suis-je)! 15 ans d’enfermement pour quelques verres de trop, il ne faut pas déconner ! M’enfin, je comprenais rien au début, d’ailleurs, pendant ces longues années d’étouffement, j’avais toujours rien compris à tout ça» 1-copie-2.JPG  « On change en 15 ans d’isolement, croyez moi ! Je pense quand même avoir su garder ma tête froide malgré quelques tentatives de suicides. Néanmoins, c’est surtout au bout de quelques années que ma haine commençait à prendre le pas sur mon impuissance ! Au bout de quelques années d’introspection douloureuse, recherchant ainsi désespérément le pourquoi de mon enlèvement, je compris qu’un homme ordinaire comme moi, ni vraiment bon, ni foncièrement mauvais, ne méritait en aucun cas ce châtiment ! Je me suis dès lors promis de me venger de ceux qui m’ont enfermé ici, et avec les années qui passaient, cette vengeance ne faisait que s’amplifier ! Ris, tout le monde rira avec toi, Pleure, tu seras seul à pleurer, tels sont les citations de ce tableau que je regardais de temps en temps (photo 2, diabolique diablotin de ma chambre), avant de me faire endormir par ce satané gaz ! Puis je me réveillai l’air de rien, cheveux coupés, corps lavé, c’est dingue mais on me maintient en vie, on s’occupe de moi ! Quel mal j’ai donné au monde pour que l’on me garde en vie dans cette cellule ! Puis on me drogue et je me sens ainsi envahit d’un autre soi parfois, même si je ne suis jamais devenu schizophrène au fil de ces 15 ans, une prouesse (photo 3) ! » 2-copie-2.JPG « Puis heureusement qu’il y avait ce téléviseur, mon seul ami, ma seule amie aussi, quitte à se satisfaire à un moment donné, besoin somme tout naturel d’un humain lambda. Ce téléviseur me permettait donc de voir évoluer le monde à défaut de me voir évoluer ! D’ailleurs, c’est grâce à lui que j’ai découvert que j’étais le meurtrier présumé de ma femme! Ils ont pris la vie de ma femme ces enfoirés, et je n’ai jamais su ce qu’est devenue ma fille, disparue tout simplement de la circulation! Mais j’ai appris à dédramatiser, je me déshumanise en fin de compte, ce statut de rat de laboratoire me transformant en animal en proie à la vengeance ! En tout cas, c’est dingue tout de ce que l’on peut apprendre en regardant la télévision, j’ai ainsi appris à boxer grâce aux retransmissions de combats que je ne loupais plus…M’enfin, ça m’a aidé à supporter cette longue punition, à supporter ces repas composés des mêmes raviolis chaque jour, puis à me supporter moi-même ! » 3-copie-2.JPG « Au bout de tant d’année de souffrance, j’ai décidé de me tatouer des traits sur mon avant bras, chaque trait correspondant à une année passée dans cette pièce. Plus mon bras s’assombrissait, plus ma vengeance grandissait, ce tatouage étant le reflet de ma haine envers mes ravisseurs! Grâce à une baguette donnée en trop lors d’un repas, j’ai pu me creuser un trou jusqu’à l’extérieur ! Ce fût long, des années même, mais j’ai réussi ! Sentir cette pluie sur ma main fût d’un libérateur, et même si le trou ne pouvait accueillir que mon bras, l’espoir me fût d’un bénéfique. La musique devenue si commune à son écoute revenait me hanter tout d’un coup, et le plaisir de sentir cette pluie caresser ma main prit fin brusquement, le gaz s’octroyant petit à petit la pièce à la place de l’air ambiant. Après avoir caché le trou avec mon lit et m’être recroquevillé dessus, je commençais à m’effondrer doucement, la musique me berçant tel un bébé dans son berceau, et je me mis à rêver de liberté pendant qu’une étrange sensation de fraîcheur m’envahissait ! »« C’est après une transition sublime suivant un léger travelling que je me réveille dans une malle à même le toit d’un  immeuble rempli de gazon (photo 4)! Et oui, j’étais dans une malle ! Ainsi, tel un bébé en position fœtale sortant du tunnel de la vie, telle une rose s’ouvrant au soleil, j’ouvris cette malle de toute ma force pour éclore, pour revivre ! Mon ravisseur m’offrait une seconde naissance, 15 ans pile poil depuis le jour de mon enlèvement. Le réalisateur n’a pourtant mis que 15 minutes à résumer ces années de souffrance et de solitude, à rendre cette espace si étroit, puis tu y as cru à ma souffrance, tu as compris mon calvaire ! Park Chan Wook n’est pas dupe, et son but reste tout autre, à savoir vous montrer, vous spectateur que la vengeance peut en cacher une autre !  Si j’avais su à l’avance quel était mon destin, je pense sincèrement que je serais resté quelques décennies en plus dans ce trou à rat ! » 4-copie-2.JPG 5-copie-3.JPG « Je connais cet endroit, 15 ans et les lieux me sont encore si familier ! Je suis en effet à une centaine de mètres de la place où je me suis fais enlever ! Puis je suis pas tout seul sur le toit, qu’est ce qui fout là ce type ? Hors de question qu’il saute, il faut que je me libère et que je lui raconte mon histoire ! Alors bon, Park Chan Wook me fait prendre des poses pas possibles afin de pondre quelques plans de toute beauté (photo 5), comme lorsque je tiens le gugusse à l’aide d’un parapluie en face d’un vide qui donne le vertige. M’enfin bref, je lui raconte mon histoire puis je me casse, le laissant faire ce qu’il veut ! Je vais tout de même pas, en plus de tout ce poids accumulé pendant 15 ans, me prendre dans la tronche les raisons de son envie de suicide! » 6-copie-2.JPG « 15 ans sans présence féminine laisse des séquelles, comme en témoignera cette femme qui m’a pris au dépourvu dans un ascenseur (photo 6, complètement gaga)! M’enfin, je suis dehors, l’air est bon, le corps de l’autre suicidaire et maintenant suicidé à beau tomber à quelques mètres de moi, je  n’ai pas compati, jamais plus d’ailleurs, on m’a laissé dans la merde, le monde se foutait de moi, alors j’emmerde le monde ! D’ailleurs, je n’ai pas attendu longtemps pour mettre à contribution mon entraînement physique durant ces 15 ans, et c’est une bande de jeune me traitant de pin d’oiseau qui en a eu les frais. Ce fût rapide, net et sans bavure et tel un cow boy avec son cigare, je les ai tous flingué de mon poing un par un. Mais je ne vais tout de même pas vous raconter toutes mes aventures, ça ne serait pas drôle pour vous, mais sachez que je n’étais pas au bout de mes peines, ces 15 ans n’étant que le début de mon calvaire! » 7-copie-2.JPG « Ce film raconte ma vie, mais le réalisateur a préféré mettre en image ma vengeance, ma quête de vérité, à savoir le pourquoi de mon enfermement ! Et pour comprendre, j’ai dû passer par de nombreux danger, à savoir manger un poulpe vivant (c’est bon ces trucs là : photo 7), me battre contre des dizaines d’opposants dans un couloir d’immeuble insalubre, un long travelling en plan séquence d’une fabuleuse ingéniosité. J’ai même du encore poser avec un marteau cette fois avant d’en défaire avec la racaille de l’immeuble (photo 8 : la jackpot !)! J’ai aussi fait passer quelques tortures à certains qui ne se dérangeaient pas pour me refaire la même chose quelques temps plus tard. Mais je n’ai pas connu que la violence, j’ai aussi connu Kang Hye-Jeong, une jeune fille dont je suis tombé amoureux rapidement, trop rapidement (photo 9, les cheveux ébouriffés)! Mais le pire, c’est que je l’ai entraîné malgré moi dans cette quête de vérité, et elle en a subi malheureusement quelques conséquences irréversibles. Putain de vie quand même… » 8-copie-2.JPG 9-copie-1.JPG « Le pire n’était pas derrière moi, et le véritable fautif et commanditaire de toute cette histoire n’a pas tardé à se montrer pour me rendre la monnaie de la pièce (photo 10, sous la douche !)! Il parait que Oh Dae Su parle trop, mais qu’est ce qu’il raconte ce type! Toujours souriant de prime abord, me prenant pour son pantin articulé, décontracté à la limite du supportable, il se croit maître de l’univers, et sa passion première, c’est moi ! D’ailleurs, son jeu, au-delà de me faire souffrir, est de me faire comprendre le pourquoi de mon enlèvement, m’enfin le pourquoi de ma libération plutôt ! Ainsi, jusqu’à l’effroyable vérité qui explosera vos pensées les plus profondes comme elle a explosé la mienne, j’ai été de mon plein gré sans le savoir vers le piège qu’il m’a posé, mon destin m’ayant été substitué depuis le jour même de mon enlèvement! Cette tension grandissante au fil de mon aventure est de plus superbement retranscrite par Park Chan Wook, ce dernier n’hésitant pas à brouiller les pistes, à interroger le subconscient du pauvre cinéphile qui prendra plaisir à me regarder souffrir. Puis le pire avec tout ça, c’est que cette histoire atteint un niveau rarement atteint dans le morbide, dans le choquant, dans le tabou même ! Personne ne peut ressortir indemne d’un tel électrochoc, même vous, vous en subirez les faits, et des esprits dérangés se révèleront peut être à vos yeux qui sait … » 10-copie-1.JPG 11.JPG « Park Chan Wook confirme avec la mise en image de mon histoire tout son talent de réalisateur. Il a ainsi crée une ambiance unique de par ses images recherchées et parfois irréalistes, comme pour exemple celles placées par ci par là durant le long métrage. On peut citer l’image figée de la préparation du coup de marteau, avec le tracé de sa trajectoire pour atteindre le jackpot (revoir photo 8)! Tout est beauté dans ce monde morbide, la photographie est magnifique, tout comme la mise en scène qui se permet de nous en mettre plein la vue lors de certaines séquences ! Ainsi, en plus du long travelling dans le couloir ayant iconisé le film de bien belle façon (photo 11), je mettrai plutôt en avant ce jeu de chat et de la souris entre le passé, donc moi en fin d’adolescence, et le présent. Je me poursuis ainsi moi-même dans mon ancienne fac, je vois mon jeune double s’éloigner devant mes yeux, je suis en contact direct avec mon passé et à la recherche du souvenir même qui m’a condamné à cette vie ! Le réalisateur arrive ainsi à mêler deux époques différentes par quelques mouvements de caméra vraiment judicieux, l’illusion en est parfaite (photo 12, avec mon passé au dessus de ma tête)! Park Chan Wook a certainement créé une des représentations les plus concrètes de ce qui se passe lors d’une hypnose, donc d’une recherche d’un passé enfoui dans l’inconscient! Sacré gugusse ce gars là quand même ! » 12.JPG « Aurais-je oublié de vous parler du fabuleux score du film, cette musique tantôt percutante, tantôt énigmatique ! Elle permet ainsi d’instaurer une ambiance fabuleuse à la limite du surnaturel sans jamais l’atteindre, une ambiance unique qui accentue d’une certaine façon mes états d’âmes ! Puis je n’oublierai pas aussi certains seconds couteaux tel que ce garde du corps blond et surpuissant qui ne parle jamais et qui dégage une aura bien spéciale (photo 13, face au vide)! Mon aventure est donc unique, mais je trouve que Park Chan Wook s’amuse un peu trop à vous faire traîner en longueur sur la fin, puis cette violence s’abatant sur ma personne, j’ai pas supporté ça sur la longueur je dois bien vous l’avouer (photo 14, en plein calvaire) ! Je chipote hein, vu la quasi parfaite adéquation que Park à créer tout au long du métrage, mais le fait de vouloir trop en rajouter sur la fin reste tout de même en travers de ma gorge, de ma langue même! » 13.JPG 14.JPG Park Chan Wook a ainsi réalisé un film magistral, tant au niveau technique que artistique ! Il a d’ailleurs reçu le prix spécial du jury du festival de Cannes en 2004. Puis n’oublions surtout pas Choi Min Sink qui habite ce film, il le vie et au-delà même d’un destin meurtri, il nous propose aussi le portrait d’un homme qui ne cesse de se détruire pour décrocher la vérité ! Cette quête de toute une vie est ainsi nôtre, et de souvenirs, ce film est certainement l’un des plus mémorable, des plus osées et des plus maîtrisées du 7ème art. Merci ! 

Note : 9,5/10

Par Laurent
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5987.jpg Réalisateur : Kuzumi Musayaki
Cast :Sato Masahiro, Araki Keisuke
Durée :  41 min
Origine : Japon
Année : 1986
Genre : Je veux mourir !

On continue notre pèlerinage Guinea Pig avec ce nouveau volet qui nous prend, pour notre plus grand plaisir, à contre-pied pour rapport aux précédents ! En effet, cette saga a toujours versé dans la violence et le gore le plus total avec un premier degré parfois bien pompeux. Alors He never dies franchi enfin le cap du second degré totalement assumé en versant dans l’humour le plus potache qui soit, et pour le coup, c’est une franche rigolade! 1-copie-7.JPG Le film part donc avec un pitch aussi simple qu’original qui est le suivant : un homme, dont rien ne lui souri dans la vie (mais absolument rien) veut mettre fin à ces jours. En effet, sa vie n’est pas le reflet de ce qu’il espérait, des tourments de la solitude jusqu’à sa non-réussite professionnelle, il n'en peu plus, et il craque. De ce fait, il commence une sorte de cure de vitalité (oups, désolé..), mais il va vite comprendre que ce n’est pas aussi facile que prévu de mourir ! 2-copie-6.JPG Après une introduction tout à fait inutile d’un spécialiste nous précisant que le film suivant son discours raconte des faits bien réels (photo 1), on rentre enfin dans le bain en découvrant notre héros à son travail ! Ce dernier, malgré tous ses efforts, se fait sévèrement gronder par son patron comme quoi il est inutile à la société. Seul au monde, il rentre chez lui et décide de donner fin à ses jours, cause d’un ennui profond et d’une solitude invivable dans sa vie.  3-copie-7.JPG 4-copie-6.JPG Et c’est à partir de là que commencent les réjouissances, car malgré son envie passionnée de ce suicider, il va vite prendre conscience que ça lui est impossible. Alors ce dernier ne s’arrête pas en si bon chemin et tentera jusqu’au bout et par tous les moyens tranchants possibles de mourir ! L’évolution de ce massacre solo ne se fait pas sans humour. En effet, He never dies se propose de nous faire rire grâce à son fabuleux acteur principal, à savoir Sato Masahiro (inconnu au bataillon : photo 2). Ce dernier est tout simplement irrésistible dans son rôle de gugusse, et joue parfaitement dans l’autodérision. Au début, il réagi de façon assez bizarre quand il se plante les veines, car il croit avoir mal mais il ne sent en fin de compte rien. Il faut le voir le gugusse paniquer et ensuite comprendre, d’un coup, qu’il n’est pas comme nous les êtres humains ! S’ensuit des scènes hilarantes, comme celle où notre suicidaire s’amuse à faire le zombie avec son camarade de taf (avec un montage « effet miroir » nanardesque : photo 3) où encore une discussion téléphonique entre le Samu et notre gugusse aux petits oignons!  5-copie-6.JPG 6-copie-5.JPG Mais un Guinea Pig sans effet gore n’est pas un Guinea Pig, et He never dies , même si certains effets restent parfois voyants, fait assez honneur à la saga ! On est loin de la boucherie de Flower of flesh and blood, mais certains effets restent tout de même bien sympathiques (voir le ventre vide où notre héros s’amuse à mettre sa main dedans : photo 4). Puis ce qui est cool, c’est que notre suicidaire à toujours le sourire, même lors de son auto décapitation de tête (photo 5). Et oui, les effets gores n’ont plus pour seul but de nous choquer mais aussi de nous divertir avec un humour communicatif. D’ailleurs, la fin, où la tête de notre héros repose sur une table, reste énorme, car il discute comme si tout était normal en nous sortant des mimiques énormes (voir quand sa main est sur sa tête : photo 6) . Puis ne loupez  pas le bêtisier de fin, où nos comédiens s’amusent comme des petits fous devant la caméra (photo 7), comme nous d’ailleurs. 7-copie-2.JPG He never dies constitue donc à mes yeux la pièce maîtresse des Guinea Pig car il mélange effet gore et humour avec panache et réussite. Et rien que pour les mimiques de son héros, le visionnage en vaut la peine ! Excellent ! 

Note : 7/10

Par Laurent
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guineapig4dvdz2nl.jpg Réalisateur : Hino Hideshi 
Cast : Ruu Go, Somei Mari, Saiki Shigeru, Hisamoto Masamu
Durée : 57 min
Origine : Japon
Année : 1988
Genre : La petite sirène en pleine puberté ! 

En parallèle à l’ignoble Devil’s Experiment, le premier dvd fr des Guinea Pig se voit aussi attribué un Mermaid in the manhole de bien meilleur augure. Donc tout d’abord, on a bien le droit à un vrai moyen métrage, avec une histoire originale et de vrais comédiens. Mais pas de souci pour autant, Mermaid in the manhole rempli entièrement son cahier des charges pour qui est en droit d’attendre des Guinea Pig nombre de démembrement, de gore à outrance et de souffrance. 1-copie-5.JPG 2-copie-4.JPG
Le pitch de ce volet n’est pas énorme, mais a au moins le mérite d’être original. Mermaid in the manhole raconte donc l’histoire d’un peintre blasé (photo 1) qui découvre par hasard, dans les égouts, une sirène qui à l’air mal en point (photo 2). Il la prend donc sous son aile et la ramène chez lui, la sirène lui proposant de servir de portrait pour qu’il la peigne. Petit à petit les choses vont empirer, et les quelques mycoses apparentes sur la sirène vont rapidement évoluer sur tout son corps. Bien sûr, le peintre va tout faire pour l’aider, mais aussi pour finir son tableau évoluant au jour le jour. 3-copie-4.JPG 4-copie-4.JPG Alors, sympa le pitch non ? Bon trêve de bavardage, car ce dernier n’est bien qu’un prétexte pour vous en faire voir de toutes les couleurs. Au début, c’est tout calme, avec à peine quelques champignons sur la peau de la belle sirène (photo 3), mais petit à petit, ça va devenir réellement répugnant. Bon, on pourra sourire lorsque le pue se voit attribué une panel de couleur allant du jaune au violet permettant au peintre de finir son œuvre (l’art contemporain reste indiscernable à mes yeux…), mais n’empêche, les sfx et le maquillage sont excellents et on prend un plaisir coupable à regarder ce gore jaillissant à n’en plus finir. Puis après, on a même affaire à des vers répugnants se dandinant comme des petits fous sur notre chère sirène qui n’a décidément pas de chance (photo 4 : mangez des pattes), d’ailleurs je conseille à tous de garder le ventre vide si il vous venait l’idée de regarder ce film, car à défaut d’être choquant, c’est tout de même bien dégueu dans le genre. A la vue de ce qui se déroule sous nos yeux ébahi par tant de finesse, on ne peut que comprendre le désarroi et la panique du peintre amoureux de sa sirène et les souffrances de cette dernière subissant les pires sévices par son propre corps (photo 5 et 6). 5-copie-4.JPG 6-copie-3.JPG Pendant les 50 minutes du film, je ne semble pas m’être ennuyer une seule seconde, car en plus d’être vraiment réussi niveau gore, on se voit attribué un Guinea Pig ressemblant à un vrai film. Si la réalisation ne verse pas la démesure, on a au moins la chance de suivre un film à la mise en scène posée et sobre allant à ravie face aux aventures de la petite sirène. Puis les deux comédiens principaux restent plutôt convaincants, à défaut du couple de voisin qui sert pas vraiment à grand-chose ici! Tout ça est loin d’être parfait mais je le répète, on se sent bien en face d’une œuvre cinématographique qui est plutôt plaisant à suivre, avec un réalisateur blasé du monde pollué d’aujourd’hui (la passé est montré grâce à quelques tableaux où la nature règne en maître ! Pour un Guinea Pig, ce n’est en fin de compte pas trop demandé d’avoir un film « assez convaincant ».

Note : 5/10

Par Laurent
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