Réalisateur : Park Chan Wook
Cast : Lee
Yeong-Ae, Choi-Min Sik, Kim-Bu Seon, Kim-Byeong Ok
Durée : 112 min
Origine : Corée du Sud
Année : 2005
Genre : Vengeresse te
voilà !
Rares sont les films qui ne savent se démarquer, qui ne savent quel camp choisir à l’intérieur de ma petite tête. Moins rares sont les œuvres qui divisent,
l’homme objectif et subjectif connaissant autant de goût filmique qu’il en existe ! Tout ce blabla pour vous affirmer que Lady Vengeance appartient à ces catégories, ce film suivant
de prêt les deux premiers opus de la trilogie entamé par Park Chan Wook (on oublie le bidule inutile au doux nom « Cut », un des trois segments de
3 Extremes). Nous ayant ainsi habitué à du très lourd, Park Chan Wook fini sa virée en prenant encore une fois ses fans à contre sens : Lady
Vengeance, aussi beau soit il, est un film …réflexion…introspection…bizarre ! Tout dépend ensuite de votre implication et de votre sensibilité face à cette
œuvre !
Lady Vengeance part avec un pitch ressemblant à celui de Old Boy, sauf que c’est la gente féminine qui
prédomine ici. Une jeune femme est condamnée à 13 ans de prison pour le meurtre d’un petit garçon, sauf que le véritable assassin court encore. Après avoir purgé ces 13 ans dans une prison pour
femme, elle sort avec une seule idée en tête, retrouver l’homme qu’il a obligé à plaider coupable et le tuer : il doit payer pour son crime atroce et il en paiera le prix coûte que coûte.
D’ailleurs, les yeux de la vengeresse sont marqués d’un rouge sang contrastant avec son visage d’une pâleur mystérieuse qui définit avant tout son état d’âme (photo 1). Sa tristesse y côtoie son
désir de faire payer, son regard étant aussi vide qu’un corbeau mais tout aussi déterminé. De plus, elle a un plan machiavélique pour arriver à ses fins.
Original est le mot ! Park Chan Wook quitte le monde qui n’était que noirceur depuis
Sympathy for Mr Vengeance et Old Boy pour s’octroyer un monde plus poétique ! Ici, la violence est tout aussi morale mais plus du tout physique, le ton grave du score à laisser
place à une musique plus happy, donnant un certain rythme et une certaine douceur ! Cette musique participe à un des défauts majeurs du film. En effet, j’ai eu la fâcheuse impression qu’elle
revenait de façon si périodique que le rythme semblait être dicté seulement par cette musique. Un vrai déséquilibre en ressort pour quiconque se focalise malencontreusement sur ce petit détail et
ça en devient très rébarbatif, d’autant que les notes se ressemblent très souvent. M’enfin, ça ne le fera peut être pas chez vous et l’effet qui en ressortira ne sera ainsi que
bonheur.
Park Chan Wook nous offre aussi un monde plus
coloré, apte à des métaphores bien plus visuelles. Très bien intégrés tout au long du récit, les flashbacks des 13 années d’emprisonnements sont assez
rafraîchissants dans le genre, chaque appel au secours de certaines prisonnières étant solutionné par notre souriante héroïne qui se voue à aider sa prochaine. En ressort une certaine légende
urbaine, ces passages en prison ressemblant fortement à un conte de fée pour adulte à contrario de ce qui se passe de nos jours où seuls la vengeance prime. D’ailleurs, l’image de cette tête
illuminée ne fait qu’accentuer l’effet voulu (photo 2 : en haut à droite), la prison en ressort bien plus féerique que le monde extérieur grâce à notre Lee-Yeong
Ae.
Mais une fois sortie de prison, notre héroïne se ternit violemment, tout comme le monde qui l’entoure et ce
contraste en est saisissant! Elle a complètement changé, et comme un nombre important d’ancienne camarade de prison qui la revoie dehors : on se demande vraiment pourquoi ! Alors
qu’elle souriait à longueur de journée en prison entre quatre murs, une fois libre, son sourire n’apparaît quasiment jamais, et les premiers mots qu’elle sortira de sa bouche sont « allez
vous faire foutre » ! Le ton est donné de suite ! Certaines personnes lui donnant un peu de réconfort et d’amour n’auront pas un sourire de plus : elle est bien trop blasé pour
ça ! Non, elle ne se laissera pas déconcentré, et ce n’est pas sa fille (qui grimace : photo 3) qu’elle retrouvera chez un couple australien qui la contredira, sa vengeance reste sa
principale raison de vivre et puis c’est tout.
Park Chan Wook a préféré rester proche de ses personnages
et s’éloigner quelque peu du plan machiavélique élaboré par la vengeresse. En effet, en plus de cette dernière, on suit en parallèle l’horrible tueur joué par Choi
Min-Sink qui nous gratifie encore une fois d’une interprétation de luxe (photo 4)! Malgré le souvenir de Old Boy, on arrive à outrepasser nos pensées persistantes
pour découvrir un tout autre personnage ! Et quel personnage ! On découvre petit à petit les vices cachés et autres horreurs que celui ci a
pu commettre et c’est moralement éprouvant ! Ce portrait est tout aussi réussi que celle de Lee-Yeong Ae, mais en contre partie, aucun autre personnage n’est
réellement développé ! Puis que dire de toutes ses apparitions de guest stars des films précédents qui vont et viennent sans réellement convaincre, et de surcroît de façon complètement
gratuite (photo 5 : souvenirs de Sympathy for Mr Vengeance) ! Pour terminer sa boucle sur la vengeance, je trouve que
Park Chan Wook s’est remplie d’un peu trop de nostalgie tout en mettant en cause ce qu’il avait construit avec génie dans ces précédents films ! Il s’est ainsi fait
plaisir mais a t’il pensé au spectateur pardi ! Le fil rouge du récit est beaucoup plus prévisible qu’à l’accoutumer et s’accrocher aux aventures de l’héroïne en quête de rédemption reste
difficile, et ceux même en faisant abstraction des œuvres précédentes ! En faîte, le film dresse le portrait d’une femme meurtrie par son envie de vengeance par tant d’année d’errance dans
l’obscurité, et Park Chan Wook en rajoute des tonnes. En fin de compte, j’ai fini par décrocher rapidement, même si on est loin du stade de vouloir stopper le film.
C’est juste un peu trop poussif à mon goût.
Originalité de la mise en scène, photographie magnifique, Park Chan Wook
reste quand même un superbe faiseur d’image malgré les autres problèmes du film ! La version spéciale réalisateur nous offre même une teinte qui se délave au fil de l’aventure pour devenir
noir et blanche sur la fin (photo 6 : les bourreaux)! Le cœur de nôtre héroïne se ternit donc au fil de sa vengeance, et cette quête ne se révèle qu’illusion : ce n’est pas le
bonheur qui est au bout du chemin mais la tristesse : encore et toujours ! La mort n'est pas synonyme de vie n’est ce pas…
Je n’ai
donc que moyennement apprécié ce film malgré l’audace et la qualité du spectacle (photo 7 : le genre de plan qui tape dans l’œil)! Je n’ai jamais su m’immerger à fond malgré ses deux
superbes personnages principaux, son ton unique et cette fin qui sait relever le niveau. Après le choc des deux premiers épisodes, celui-ci reste une vraie déception, malgré un second visionnage
dans le calme! Bon ce n’est pas une catastrophe non plus, mais ce film m’a tout de même échappé ! J’ai donc en fin de compte bien choisi mon camp… Dommage !
Note : 5,5/10







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