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Asian Horror Show

magic_cop_l.jpg Réalisateur : Stephen Tung
Cast : Lam Ching Ying, Wilson Lam, Wong Mei-Ah, Miu Kiu-Wai, Wu Ma, Billy Chow, Michiko Nishiwaki, Frankie Chin
Durée : 87 min
Origine : Hong Kong
Année : 1990
Genre : Mr Vampire chez les flics

Initié par un certain Sammo Hung grâce à l’Exorciste Chinois à partir de 1980, le style Ghost Kung Fu Comedy s’est ensuite illustré pendant une dizaine d’année avec des films tel la saga des Mr Vampire pour les plus iconiques du genre. Au-delà de l’originalité inhérent à ce style bien particulier, les Ghost Kung Fu Comedy se sont toujours montrés généreux en terme de contenu, que ce soit au niveau de la représentation de l’horreur (Mr Vampire 3 est assez hallucinant de ce côté-là) jusqu’à l’humour omniprésent en passant par des duels souvent très ingénieux et bourrés d’idées. Le Ghost Kung Fu Comedy a permis aussi la naissance du taoïste le plus spéciale de tous, à savoir Lam Ching Ying (photo 1). Malgré quelques prestations dans des films non moins élogieux (le fabuleux Prodigal Son de Sammo Hung pour ne citer que lui), le public se souviendra de lui comme étant l’ultime taoïste au service de la population, le chasseur de démon jouant de sa magie pour exterminer la vermine d’outre tombe. 1-copie-4.JPG 2-copie-4.JPG Magic Cop apparaît donc comme une Ghost Kung Fu Comedy de plus pour notre Lam Ching Ying, ce dernier étant un film qui nous feinte à contre-pied dès les premières minutes. En effet, l’action se passe de nos jours à HK malgré une introduction qui tend à nous faire penser le contraire, rappelant l’ambiance des Mr Vampire, peut être un petit clin d’œil qui sait. Ne semblant pas taoïste de prime abord, Lam Ching Ying joue un flic et se sert de ses pouvoirs surnaturels pour résoudre des enquêtes. Magic Cop nous narre ainsi une chasse à la sorcière aussi démoniaque que magnifique, sa beauté n’ayant d’égale son aisance à utiliser la magie noire (photo 2). Lam Ching Ying sera ainsi aidé de deux acolytes assez hermétiques au début, qui ne prenent pas l’affaire réellement au sérieux ! Que la chasse commence… 3-copie-4.JPG Tout d’abord, pas d’inquiétude concernant le contexte temporel du film ! Ce dernier ne nuit en aucun cas au charme du genre, les ingrédients étant en fin de compte exactement les mêmes ! L’humour d’ailleurs ne tarde pas à arriver avec le choc des cultures entre les deux flics ordinaires et Lam Ching Ying. Ce dernier est en effet pris en charge dès son arrivé et impose de suite, sans fioriture mais toujours avec respect son mode de vie. De plus, il vient avec sa nièce (photo 3) et les deux gugusses vont vite en devenir gaga, d’où des situations aux chutes humoristiques excellentes avec un Lam Ching Ying veillant toujours au grain. Le passage de la première soirée chez un des flics est d’ailleurs très sympa, le mode de vie des uns et des autres n’étant pas tout à fait le même ! Quiproquos, situations burlesques, que c’est bon ! Maintenant que le contexte est posé et que les personnages sont définis, attaquons l’enquête pardi. 4-copie-4.JPG Cette dernière se résume essentiellement à des duels de magie visuellement très réussis, souvent ingénieux et jamais pompeux. Lam Ching Ying est un vrai petit malin, et il n’a pas besoin de courir pour pister un bandit, avec un peu de magie, un plateau de sable et l’aide de son collègue, il retrouve la trace de la sorcière démoniaque rapidement (quelle imagination : photo 4 !). Le premier duel se base sur la possession des corps, les deux magiciens usant de leurs stratagèmes pour essayer de déstabiliser son adversaire! On a déjà vu ça à de nombreuses reprises dans d’autres oeuvres, mais ça fonctionne encore parfaitement, le rythme étant toujours au rendez vous et les mouvements de nos possédés étrangement dynamiques. Après ce petit duel, le film connaîtra une montée en puissance qui ira crescendo. Les duels qui suivront sont beaucoup plus physiques, avec la participation de Billy Chow (photo 5 en train de sauter : qui a joué dans Fist Of Legend de Gordon Chan) pour quelques coups de jambe à l’envergure que l’on lui connaît. A trois contre la sorcière qui ressemble de plus en plus à un monstre, les différents combats sont serrés, les plans échafaudés ne se concluent pas toujours de la façon espérée par nos héros, et les rebondissements et autres retournements de situation se font nombreux! Le combat final d’ailleurs s’avère mémorable en tout point (photo 6)! Que d’originalité et de bonheur devant ce spectacle très plaisant ! 6-copie-4.JPG 7-copie-4.JPG Le réalisateur a ainsi trouvé le bon compromis entre respect d’un genre et originalité personnelle. Puissance, dynamisme, visuel implacable (qui renvoie d’ailleurs à quelques plans hallucinants, tel ce piège enflammé faisant face à Lam Ching Ying : photo 7) : rien n’est laissé au hasard, avec le charme même des films de hk de la période 80’s / 90’s qui aide bien sûr à captiver le spectateur ! Certes le montage peut paraître un poil trop découpé par moment, mais l’ensemble reste un divertissement très agréable pour tout amateur de comédie fantastique.

Note : 7,5 /10

Par Laurent
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Réalisateur :Bong Joon-Ho
Acteur : Song Kang-Ho, Park Hae-Il, Ko Ah-Seong, Bae Du-Na, Byeon Hee-Bong
Durée : 119 min
Origine : Corée du Sud
Année : 2006
Genre : Homer contre attaque

Après le chez d’œuvre Memories of Murder (un putain de chez d’œuvre, excusez moi du mot), voici le nouveau petit bébé de monsieur Bong, The Host. Tout commence avec une scène mettant un vilain ricain donnant l’ordre à un « collègue » coréen de déverser une substance hautement toxique dans la rivière Huan. Le film pose donc directement le pourquoi de ce qui suivra et quelle suite! Après une présentation rapide, mais se la jouant plus subtil qu’il n’y paraît, des personnages du film, une famille vivant au bord de cette rivière maintenant contaminée, on comprend déjà que le réal à en tête de mélanger les genres comme sur son précédent Memories of murder. C’est donc sous la comédie légère que l’on découvre Gang-du (merveilleux Song Kang-ho : photo 1) et sa famille, son père tenant un snack et vivant avec sa fille d’une dizaine d’année. Et il faut moins de 10 minutes à Bong pour nous présenter ses personnages, leurs pensées, leurs caractères et mine de rien, c’est tout de même déjà un petit exploit que Bong nous fait là, une telle simplicité d’expression se faisant de plus en plus rare. Puis en connaissant déjà la ligne principale du scénario, on a déjà peur pour eux ! 1-copie-2.JPG 2-copie-2.JPG Et le monstre dans tout ça, il ne tarde pas à se montrer. Et quelle claque, je trouve que l’apparition d’ Homer (je trouve que ce nom lui va bien au monstre non ?) est un grand moment de cinéma tout simplement, sortant des sentiers battus, porté par des mini plans séquences géants ! On passe du comique à l’horreur en quelques secondes (on commence à avoir l’habitude), Gang-du découvre la bête en même temps que nous, fonce vers nous et cours en parallèle à coté de nous, et on remarque déjà que l’utilisation de la profondeur de champ est utilisé de façon optimum, que le travelling qui suit témoigne d’une maîtrise totale de l’espace, de la mise en scène et des sfx. J’avoue avoir eu les sueurs froides en découvrant la bête de cette façon là, mes poils se sont hérissés, mon cœur battait la chamade, et ce n’est que le début de la scène. Homer continue son escapade au bord de la rivière avec ce souci des détails, la bête n’est pas un monstre niais, il a juste faim, il a la dalle, il se déplace comme il peut, il trébuche, il fonce vers ses proies. Les plans nous mettent toujours Homer en comparaison de l’échelle humaine, pratique devenant de plus en plus courante dans les sfx grâce à leurs améliorations ces dernières années, et ça renforce grandement la terreur ressentie par les victimes. Le réal arrive même à travers quelques plans à nous rendre de cette attaque surprise de Homer en banalité quotidienne (voir plan intérieur du tramway, géant).20 minutes à peine et je suffoque déjà de joie (séquence détaillée dans l'article ci dessous : photo 2). 3-copie-2.JPG 4-copie-2.JPG On continue sur le combat de la famille (photo 3, hystérie collective) pour récupérer la petite dernière enlevée par Homer, le tout sous le mix toujours maîtrisé de la comédie / horreur. Car malgré ce qui a été di précédemment, ce n’est pas un film de monstre avant tout, mais un drame familiale. Certes la chasse aux monstres est ouverte (photo 4), mais on assiste au combat d’une famille face aux autorités, face au pouvoir mise en place. Et le point de vue de la famille durant tout le métrage change tout au tout pour ce genre de film. Récemment, seul « La guerre des mondes » avait osé ce parti pris dans un autres style (combat contre l’envahisseur et la survit). Ici, la famille doit aller au front, ruser pour trouver son chemin et retrouver la petite dernière de la famille, car le monstre n’est en fait pas le grand méchant du film, il représente en fait tout simplement la cerise sur le gâteaux. 5-copie-2.JPG L’ambiance vire petit à petit dans le glauque, car la chasse se poursuit dans les égouts, lieu de cachette pour Homer. Et les grandes séquences pullulent, entre pure terreur (la petite fille, impuissante dans le repère d’Homer), comédie (l’épisode de l’hôpital), satire sociale (les deux gamins affamés) ou en action movie bien sûr (nombreuses et magiques !). 6-copie-3.JPG La film continue sans aucune lassitude, le scénario évolue de bien belle manière, jusqu’à arriver à une fin qui se transforme en un super morceau de bravoure, l’homme contre la bête, David contre Goliath, le tout au ralenti (magnifique déambulation de la bête),le tout sur fond de manifestation digne d’un Mai 68 (photo 5 et 6). M’enfin je pourrai en écrire des tonnes.

Ce film est donc le chez d’œuvre attendu, aussi divertissant qu’intelligent, aussi frissonnant que marrant!
Un putain de chez d’oeuvre quoi !

Note : 9/10

Par Laurent
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En plus de la petite critique ci-dessus, je me permets par cet article de vous faire l’analyse de la première partie de la fameuse séquence de l’attaque de Homer au bord du fleuve Han, Homer étant le monstre mutant, pour ceux qui ne suivent pas au fond de la salle. Séquence culte par excellence, l’introduction et la présentation de Homer est d’une maîtrise hallucinante, que ce soit sur le plan technique que artistique. Cette article présente donc en quelques sortes mon introspection complète de la dite séquence. Attention à l’ultra Spoiler qui suit (bien évidemment). A.JPG Etonnés et surpris (photo 1)! Voilà comment sont les différentes personnes observant au loin cette étrange silhouette, recroquevillée sur elle-même et étant perchée, telle une chauve souris en dessous du pont. Cette silhouette semble tout d’abord ne faire qu’un avec le cadre urbain en le voyant de loin (photo 1). D’ailleurs, qui de nous tous aurait capté cette animal d’un simple coup d’œil ? La vérité se dévoile grâce à un bon rapprochement (photo 1), et il n’y a plus de doute possible en fin de compte, on est bien en face d’un être vivant non identifié, de part sa peau humide et son très léger mouvement de balancement! Quelques secondes plus tard, Homer nous tape un petit plongeon dans le fleuve (photo 1) et là, c’est la grande surprise pour les quelques témoins ayant remarqué la bête après un petit sursaut! Néanmoins, les gens n’éprouvent aucune vraie peur, on se croirait même au cirque avec ces spectateurs donnant à manger à la gentille bête (photo 2). L’être humain est en effet bien curieux, et ce vilain défaut est montré de bien belle manière ici (en même temps, qui s’en serait privé ?). Malgré tout, aucun sentiment de peur nous arrive malgré l’ombre menaçante qui apparaît devant nous à même la surface ondulante de l’eau pendant ce temps là! Mais c’est fun, Homer kiffe la bière et ça amuse nos riverains, jusqu’à ce que ce dernier reparte ailleurs ! B.JPG Et c’est à ce moment que commence un des nombreux et magnifiques plans séquences du film. La bête disparaît donc sous les eaux, et la récréation s’en retrouve terminée pour les gens, ce n’est plus qu’un lointain souvenir tout ça, avec un Gang Du qui retourne à ses occupations pour la même occasion (photo 2). Mais Gang Du va vite déchanter, et son regard va devenir de plus en plus inquiétant pendant que la caméra s’approche de lui (photo 2) ! Et c’est après une rotation de la caméra autour de la tête de Gang Du (photo 2) que l’on découvre le pourquoi de cette inquiétude de façon indirecte. On remarque un mouvement au loin, des gens tombant dans le fleuve, et une ombre menaçante s’approché petit à petit ! Mais ces quelques millièmes de secondes plus tard que l’on découvre Homer fonçant tout droit sur le groupe de Gang Du! En effet, l’ombre menaçante se fait de plus en plus proche pendant que la caméra s’éloigne doucement de Gang Du, et la fuite commence pour les personnes ayant remarqué la bête (photo 3)! Et par la même occasion, on découvre enfin la bête sous toutes les coutures entrain de courir comme elle le peut, un bête mutante, aux formes inédites et très bizarres, semblant « légèrement »dérivé de différents spécimens marins, avec quelques parasites enfoncés de moitié dans sa peau !  On découvre aussi par la même occasion que les sfx de la Weta (Le seigneur des anneaux) sont hallucinants et impressionnants, de par une mise à l’échelle d’une maîtrise parfaite et des mouvements de la bête. D’ailleurs, le travelling (et quel travelling) qui s’ensuit renforce cette impression, avec un Gang Du au premier plan et Homer en second plan courant tout deux en parallèle (photo 3 et 4), l’un vers ses proies et l’autres on ne sait où (l’instinct de survie peut être) ! Après ce monument de mise en scène, on continue à suivre Gang Du, mais Homer disparaît presque entièrement du champ de vision pendant un court instant, pour réapparaître un peu mieux filant un coup de queue majestueux à un pauvre gars qui nous fait un joli vol plané (au son du cri, on reconnaît bien un mec, et ouie !, voir photo 5). Ce coup de queue que l’on pourrait définir comme un coup de fouet géant m’a d’ailleurs bien fait sourire. L’humour continuera ainsi son avancé avec un Homer qui se retrouve, devant les yeux ébahis de Gang Du et des nôtres, être une pauvre bête maladroite. En effet, celui-ci se vautre comme un gamin en se roulant sur lui-même sur le plan incliné (photo 5) ! Et c’est à ce moment là que l’on comprend que l’on a, devant nos yeux, une simple bête qui n’est pas chez elle, qui a faim et qui chasse pour survivre ! Homer arrive tout de même à se relever, et repart de plus belle en s’éloignant vers de la belle verdure ! C’est à cette instant précis que le plan séquence fini! Et oui, tout ce paragraphe évoquait un seul et même plan, arborant toute sorte de mouvement de caméra et autres techniques à des fins judicieuses ! C.JPG D.JPG On continue ainsi un peu plus en hauteur avec un Gang Du poursuivi de prêt par Homer qui est vraiment décidé le bougre ! Homer une fraction de seconde après Gang Du, pour que l’on remarque bien le vent de panique s’orchestrer (photo 5)! Homer apparaît brusquement derrière Gang Du et ce dernier évite de justesse un coup involontaire de la bête (Photo 5) ! Gang Du, malgré son air de simplet, a les réflexes qu’il faut et quand il le faut, renvoyant instantanément à son instinct de survie ! Puis l’action se coupe avec un plan rapproché sur une femme écoutant son baladeur (photo 6). Complètement endormie par la mélodie émanant de ses écouteurs, elle n’a aucunement conscience du danger qui la guette. On remarque tout de même au second plan que quelque chose se passe, avec un envolé d’oiseau qui est souvent précurseur d’un mouvement de foule qui suivra juste après ! Ce plan, superbement orchestré, permet avant tout de nous faire sursauter un minimum puisque, d’un simple coup de patte (ou de nageoire) percutant (photo 6), Homer prendra par la tête la jeune femme et la traînera sur une distance suffisamment longue pour que l’on ressente sa douleur. Le petit travelling captant cette action est d’ailleurs excellent (photo 6)! E.JPG F.JPG Ce qui suit est un montage entrecoupé de courtes séquences de panique montrant, de façon plus que réaliste, comment réagirait une foule face à l’attaque d’un monstre ! Un plan se retrouve d’ailleurs plutôt marrant montrant un maître ayant a priori de gros problème avec son chien alors que Homer rode non loin de là ! C’est le monde à l’envers dites moi (photo 6)! Puis on prend un peu de hauteur grâce à une trouvaille de mise en scène géniale, où comment le réalisateur arrive à nous faire imaginer la vision d’un monstre dans ce qui semble être d’une banalité affligeante lors d’un premier regard ! En effet, la vue intérieure du Tramway (photo 7) nous offre un panorama de ce qui se passe avec un angle de vue qui paraîtra pour certains plus que familier, nous renvoyant au train train quotidien du bon parisien de base ! On s’imagine ainsi facilement à la place de ces coréens prenant le tramway en voyant de leurs propres yeux l’attaque de Homer, comme si nous Parisiens, assistions à l’attaque de Homer au Trocadéro ! Yahooo ! G.JPG Je ne voudrais pas enlever tout le suspens de la suite de la séquence, mais l’attaque comportera aussi des visions d’horreurs, notamment dans la caravane ou le sang fera son apparition, de l’humour mais aussi du drame (les mains qui se séparent, horrible séparation père fille!) avec une maîtrise toujours aussi exceptionnel du réalisateur ! Cette attaque restera à coup sûr un must de septième art !

Par Laurent
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52-0.jpg Réalisateur : Soi Cheang
Cast : Bernard Chow, Niki Chow, Cyrus Chow, Winnie Leung
Durée : 90 min
Origine : Hong Kong
Année : 2002
Genre : Tu veux avoir peur mais pas trop?
 

Durant sa quête de la représentation décalée de la peur sur grand écran, Soi Cheang réalise New Blood, film racontant les mésaventures de trois individus en prise avec une revenante peu catholique. Réalisateur du tripant Dog Bite Dog, et aussi dans un style plus proche de New Blood du réussi Home Sweet Home, Soi Cheang signe avec New Blood un film intéressant mais parfois un peu trop brouillon dans l’ensemble.

 

Le scénario nous place donc au cœur d’une histoire de fantôme pas vraiment comme les autres, à savoir déjà que la petite fille aux longs cheveux noirs est absente (bon, elle est chauve en fait : photo 1!) et que les différents ressorts scénaristiques se révèlent plus présents qu’à l’habitude, même si le thème de la vengeance a déjà été utilisé mainte et mainte fois (comme dans la mini série coréenne Coma plus récemment). Après avoir donné du sang pour une femme entre la vie et la mort, deux mecs et une nana (photo 2 de famille) vont commencer à sentir une présence malveillante autour d’eux, et la pression, la peur et surtout la paranoïa vont petit à petit les rendre fous! Et Soi Cheang sait plutôt bien y faire pour nous plonger ces personnages dans la tourmente et instaurer une ambiance assez pesante. La première partie du film, et aussi la meilleure, met tout son temps pour instaurer cette ambiance glaciale, et le réalisateur se montre encore une fois être un merveilleux faiseur d’image, grâce à une mise en scène recherchée et à une photographie étonnamment sombre et glaciale. On peut même voir en certains plans une inspiration du style clair / obscur avec des lumières saturées de blancs sur fond d’ombres noirs bleutés ! En tout cas, visuellement, il y a rien à dire de ce côté car New Blood est une vraie petite merveille. 1-copie-2.JPG 2-copie-2.JPG Mais la beauté purement visuelle de New Blood est contre balancée par un montage parfois énigmatique, et on ne comprend pas toujours ce qui se passe à l’écran! Alors, nous avons tout de même droit à quelques bons moments de flippes inspirés par ce fameux montage et l’ambiance environnante, mais la seconde moitié du film se voit tout simplement pénalisée par un montage beaucoup trop incompréhensible. Ce n’est pas épileptique, ni trop lent, ni trop rapide, juste trop énigmatique avec des plans pas toujours lisibles empilés les uns aux autres, et c’est réellement dommage ! Peut être est-ce juste un problème de goût? 3-copie-2.JPG Alors des moments de flippes, il y en a un paquet ! D’apparitions du soi disant fantôme lors d’un éclair à quelques cadavres disséminés à droite à gauche, ça fonctionne souvent dans le bon sens du terme, m’enfin surtout dans la première partie du film. Je crois avoir un gros problème avec cette seconde partie. En effet, pour commencer, le scénario s’embourbe dans une complexité assez inutile, avec des événements qui finissent par devenir soûlant pour nos sens ! Le trio de personnage n’aide pas réellement non plus, car seul le portrait féminin (Niki Chow : photo 3 et 4) touche réellement sa cible car émouvant, intriguant et déstabilisant. Nos deux autres gugusses ne sont, quand à eux qu’à moitié convaincant. N’oublions pas la présence de quelques rebondissements concentrés sut la fin qui s’avèrent très sympathiques (et pas trop téléphonés : bingo !) et qui permettant même au film de finir sur un bon pied. Puis n’oublions pas une violence visuelle bien présente tout au long du film qui permet d’accentuer avec un certain brio le sérieux de l’histoire, le second degré n’étant absolument pas de la partie (photo 5 par exemple)! 5-copie-2.JPG Malgré tous ces défauts (scénario au fil rouge confus, montage étrange, ect..), Soi Cheang arrive tout de même à ne pas nous perdre en route, et la motivation reste toujours présente grâce à la beauté même du film qui je le répète vaut réellement le coup d’œil ! Si vous êtes fan du genre, n’hésitez surtout pas (d’ailleurs, un ersatz « à peine camouflé si on est sourd» du thème fabuleux de Requiem for a dream vous fera plus que sourire….).

 

Note : 5,5/10

Par Laurent
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180px-Guinea-Pig---Devil-Doctor-Woman-DVD-scan.jpg Réalisateur : Tabe Hajime 
Cast : Takenaka Naoto 
Durée : 52 min 
Origine : Japon
Année : 1990
Genre : Docteur Maboule


Après la bonne surprise que fût He never dies, voila (enfin) le dernier Guinea Pig portant le doux nom  de« Devil doctor woman ». Ce dernier nous fait suivre les aventures segmentées d’une « femme docteur démoniaque » essayant de guérir des patients atteints de maladie pour le moins bien originale,plutôt inédite et parfois dégueulasse.

Première chose qui me frappe, et pas des moindres svp, la femme jouant le docteur à une sacrée touffe digne d’une Marge Simpson connue de tous (photo 1). Sérieux, sa surcroissance capillaire ne connaît jamais le plein cadre la pauvre, imaginez la tristesse de son coiffeur (si elle en a hein). M’enfin bref, le film est donc divisé en plusieurs segments présentant chacun une maladie (ou plusieurs pour l’un des segments) avec notre docteur guérissant (ou charcutant) ses patients avec des moyens souvent radicaux ! Toujours orienté comédie, plus ou moins réussi suivant les segments, ce volet des Guinea Pig évolue en dent de scie pour notre grand regret, l’intérêt du moyen métrage étant bien évidemment la pertinence des différentes maladies et les chutes humoristiques ou autres s’en ressortant. 1.JPG 2.JPG
Passons sur les segments plutôt moyens et tout à fait inutiles des tête qui explosent avec des sfx grossiers ou encore sur le schizophrène et ses membres baladeurs totalement à la ramasse (photo 2) sans oublier le pauvre qui transpire du sang ! , et concentrons nous sur certains segments qui savent sortir du lot avec plus où moins de bonheur. 3.JPG Le premier qui me vient à l’esprit est celui qui nous présente quatre malades qui font un petit tour d’horizon de leurs maladies sur le toit d’un immeuble. Ce segment pourrait être tout droit tiré d’une pièce de théâtre vu la disposition de nos quatre gugusses assis en ligne comme si il était en face d’un auditoire. Puis les maladies présentées sont pour la plupart soit marrante (voir le caca vivant se tortillant et criant la liberté où la faim : photo 3) soit répugnante (voir le pied en pleine dégénérescence, beurk : photo 4) et il faut bien avouer que la curiosité est bien souvent récompensée ! D’ailleurs, la touche finale, loin de toute méchanceté où effet gore pourri, présente une contagion d’un style rafraîchissant! Cool le segment en tout cas! 4.JPG L’autre segment qui m’a fait bien rire est la terreur de « l’organe interne siamois » qui se targue d’être une parodie des films d’horreurs et autres slashers. Ce segment se fait un plaisir d’amplifier les codes et autres ficelles largement connues du genre ! En effet, voir ce machin gluant (photo 5) ayant la dalle se dandiner et poursuivre une pauvre femme qui esquive  ses attaques (et aux ralentis s’il vous plait). C’est du pur nanar rudement assumé et j’adore !
L
e dernier segment sortant du lot à mes yeux est la petite virée romantique d’un petit couple pas tout à fait comme les autres. En effet, le monsieur n’est autre qu’un zombie en pleine décomposition et voir le docteur se mettre une cuite avec ce gentil zombie (assez bien maquillé au passage) reste plutôt amusant. D’ailleurs, il est a noté que les dialogues sont savoureux, comme pour exemple la femme qui lance à son zombie « tu m’aimeras jusqu'à ta mort hein chéri ? » et que ce dernier répond « mais c’est déjà fait ! ». Un bon petit cru (photo 6)! 5.JPG Les autres segments m’ont paru bien mou et inutile, a part les moyens furoncle à tête d’humain qui pousse la chansonnette où encore le tatouage amovible avec pour conclusion une des visions les plus gore de ce volet des Guinea Pig. Et on en vient au fait le plus étrange de ce volet ! En effet, ce volet ne contient aucune vision choquante ni vraiment réaliste, et qui plus est relativement léger niveau gore. De plus, les différents effets sont, pour la plupart, de très mauvaises qualités. Quand on voit ces têtes exploser où ce tatouage déambuler sur le corps, on ne peut que se demander si le réalisateur ne se fout pas un peu de nôtre personne, même si le côté nanar provient peut être de cette incompétence ne fin de compte. Quand je vois les autres Guinea Pig, je me dis franchement que la transmission de savoir n’a pas dû être faite, à croire qu’ils se sont tous concentrés sur le problème capillaire de madame! 6.JPG Le deuxième visionnage de ce moyen métrage m’a quand même paru bien mièvre, long et souvent ennuyeux. Mais il faut bien avouer que certains sketchs sont sympathiques comme tout! Néanmoins, c’est tout de même trop médiocre pour réellement convaincre le fan de gore tout comme celui qui voulait passer un bon moment.

Note 3.5/10

Par Laurent
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