Réalisateur : Okiura Hiroyuki
Scénariste : Mamoru Oshii
Origine : Japon
Durée : 1h38
Année : 1998
Genre : Oh Loup, Oh Loup solitaire, calvaire et
mystère
Le pays est proie à une violence sans précédent. Une manifestation a lieu contre les policiers et des terroristes se servent de la situation pour apporter un chaos sans précédent à base d’explosion. Lâches, ces derniers se servent de jeune fille n’ayant même pas atteint la majorité. En effet, ces Chaperons Rouges acheminent les bombes dans des sacs pour les donner à qui de droit, puis elles repartent faire une autre transaction et ainsi de suite. Alors que la police tente de calmer le jeu, que les militaires attendent au cas où non loin des combats, la POSEM, une organisation puissante au dessus de la police, tente une percée dans les égouts. C’est pendant cette action qu’un jeune agent tombe nez à nez avec un de ces Chaperon Rouge…
Un simple regard, des secondes qui se dilatent éternellement, un reflet aveuglant, une explosion, puis le trou noir.
Cette fille l’a complètement hypnotisé de par sa beauté, sa jeunesse et son innocence au milieu de toute cette violence et de ce chaos. Il a essayé de la comprendre pourtant, et il lui a
même demandé pourquoi, mais elle était pétrifiée de peur, livré à elle-même face à cette créature qui se dresse en face d’elle. Une armure imposante, un masque qui fait ressortir deux yeux rouges
sang inhabités de vie alors que cette silhouette est bien humaine. Mais elle ne saura jamais qui c’était, elle partira de mille feux une fraction de seconde plus tard. Le monstre à la silhouette
d’homme s’en sort indemne grâce à un collègue, avec pour souvenir le dernier regard de la jeune fille, de cette Chaperon Rouge avant qu’elle ne quitte le monde des hommes.
Mais le souvenir persiste, le sentiment d’impuissance le hante, il n’a absolument rien pu faire pour sauver cette fille. Il était
paralysé… . L’amour ? La jeunesse de la fille ? Mais pourquoi n’a-t-il rien fait ? Il ne le sait pas, mais il veut comprendre, il veut savoir qui elle était. Il part ainsi à la
recherche de quelques informations dans la ville et fait la rencontre d’une fille qui ressemble étrangement à l’autre, le même regard, le même « blouson » rouge : mais elle lui
ressemble comme deux gouttes d’eau. Il semble troublé, et des moments uniques sont partagés entre ces deux âmes en peine. Parallèlement, un complot se prépare entre le triangle fermé de trois
organisations : la police, la POSEM et la brigade des loups, une organisation secrète semblant espionné les actions de la POSEM. Notre héros se retrouve bien sûr au centre de ce triangle, et
il en sera d’ailleurs l’acteur principal ! Comment ? Je vous laisse le découvrir…
Jin Roh est de ces films qui semblent évoluer avec notre maturité. Autant lors de mon premier
visionnage, Jin Roh me paraissait juste sympathique, autant cette fois ci, cette œuvre m’a bien explosé en pleine face par la puissance des
sentiments et son intelligence. Jin Roh est une œuvre ayant plusieurs niveaux de lecture bien apparents où semble se mêler plusieurs
intrigues : histoire d’amour, complot, recherche de soi même où encore d’une certaine rédemption et aussi une métaphore à peine camouflé d’une histoire ayant bercé notre jeunesse. Sur le
papier, ça fait beaucoup mais sur la durée, le mixage se fait dans les règles de l’art. Sans artifice inutile, Jin Roh nous fait évoluer dans un
monde réaliste et légèrement émancipé. Cette émancipation ne voit pas les robots remplacer les hommes, mais la technologie militaire est beaucoup
plus présente du côté de la POSEM notamment, telles ces combinaisons de protection où ces casques renvoyant les balles dans le décor.
Le réalisme se définit aussi par un monde semblant tout droit sortir de nos journaux télévisés avec ses images chocs, comme peut en
témoigner le début du film avec cette grosse manifestation (cocktail Molotov et tout le tralala) renvoyant facilement à ce que l’on connaît aujourd’hui. Mais ce monde n’est pas que noirceur et
l’espoir est bien présent, essentiellement représenté par cette fille qui apparaît après l’incident comme par hasard. Elle sera d’ailleurs la source des quelques douceurs poétique parsemées avec
élégance tout au long du film, avec pour fond le conte du Petit Chaperon Rouge. Partiellement cité, le conte est utilisé avec beaucoup de finesse, le film établissant aisément la métaphore de la
relation du loup et du chaperon rouge dans une société contemporaine. Silhouette entourée d’une meute de loup dans un musée, rêve où la meute de loup course le petit chaperon rouge, le film ne
lésine pas sur le visuel pour appuyer ses liens avec le conte mythique : d’ailleurs, le héros finit par se définir comme un loup solitaire, un loup séparé de sa meute …
Le complot mêlé à cette histoire d’amour connaît une puissance sans cesse grandissante grâce à une parfaite maîtrise de la dramaturgie de nos personnages. Le réalisateur fait tout ce
qui est en son pouvoir pour que son anime ressemble à un vrai film live. Les plans sont ainsi tous issus du cinéma, et aucun plan en mes souvenirs sont abracadabrants où impossible à retranscrire
caméra à la main. Cette proximité permet ainsi de nous identifier avec justesse aux différents personnages et ainsi les comprendre au plus profond de leurs sentiments. Les thèmes musicaux aident
qui plus est à nous émouvoir, la finesse du thème principal me laissant encore des frissons. D’ailleurs, la fin vous bloquera certainement devant vôtre téléviseur ; le générique arrive sans
qu’on ne puisse rien faire, et ce thème hypnotisant continue son effet… La capacité d’implication de l’anime est sensationnelle : pari réussi pour le réalisateur !
Mais Jin Roh passionne aussi par son fond politique où différentes organisations complotent entres elles dans une société en pleine crise. Les discours pullulent entre les intervenants comme dans un bon thriller politico fictionnelle, les têtes tombent tout comme les faux-semblants, et le mystère d’une brigade au dessus des lois n’a jamais cessé d’attiser ma curiosité, même si je n’ai eu aucun mal à anticiper certains événements (un des seuls défauts d’ailleurs : trop prévisible tout ça). Mais il ne faut bouder son plaisir, le récit reste passionnant, et le but premier du film n’est pas de nous étonner avec une révélation finale, mais plutôt de nous impliquer.
Jin Roh reste une œuvre unique dans son traitement comme dans sa représentation, passionnante sur
le fond comme sur la forme et teinté d’une poésie douce et cruel à la fois. Mais il faudra être mature pour apprécier à sa juste valeur une œuvre qui, personnellement, m’avait laissé sur ma faim
lors de ma première vision (peut être car Jin Roh est une œuvre contemplative et au rythme assez lent). Puis c’est sympa de se mettre dans la peau du chaperon rouge, car c’est bien le loup
solitaire et écarté de sa meute qui nous mange tout cru …
Note : 9/10







Réalisateur : Hayao Miyazaki
L’émotion pointe souvent le bout de son nez, de par cette musique douce et mélodieuse pour les passages calmes et bien plus rythmés pour les scènes dite d’actions. Ces dernières, plutôt violentes pour les plus jeunes enfants, utilisent parfois la technologie 3D pour accentuer leurs puissances et leurs vitesses et ceux que en cas de besoins. On se retrouve devant un film d’animation techniquement très abouti et homogène à tous les niveaux. Un plaisir pour les rétines réellement réjouissant.
Les relations entres les différentes populations sont vraiment bien développées et plusieurs niveaux de lectures peuvent y être associés, comme le message écolo clairement présent du début à la fin du long métrage. Le tout mélangé se révèle réellement passionnant, voir fascinant, de la relation entre la princesse mononoké avec ses frères loup à la causalité ou neutralité inavoué du jeune guerrier par rapport à tous ces événements. Puis le scénario en avançant apparaît de plus en plus grave, se transformant en film épique, le but de nos héros étant de retrouver ou créer une paix rêvée entre la nature et l’homme.
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