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Le Yop de Lau

Le blog n'est pas mort ...

mais en ce moment, aucun film vu

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Yop

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Coucou à tous !
Un petit mot pour vous annoncer l’arrêt de mon blog !
Un mal pour un bien …

Je déménage effectivement chez Hkmania, le site qui m’a fait découvrir le cinéma asiatique et plus encore, afin de continuer de partager ma passion. C’est une chance et un devoir qui m’appelle, vu toutes ses années passées à polluer le forum avec une communauté toujours aussi fidèle (et top méga-cool) , tout ce plaisir que j’éprouve encore aujourd’hui à lire les critiques de certains qui sont devenus aujourd’hui de vrais camarades de jeu, de vrais amis du web …

Par contre, je ne lâche pas pour autant mon activité sur Taste Of Asia, site que j’ai vu naître avec des collègues bloggeurs motivés et aussi amis, site de partage nouveau dans son genre. Malgré des débuts bien poussifs, je ne désespère pas de voir un jour ce portail décoller … mais là, ça ne dépend pas que de moi …

M’enfin je m’égards, mais je serais bien sur ces deux fronts qui me tiennent réellement à cœur.

A là prochaine pour de nouvelles aventures !
Yop
Laurent

Par Laurent
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Un anniversaire par ci, un festival par là, ces derniers jours furent riches pour le cinéma asiatique sur Paris.

 

Début des hostilités avec Megane de OGIGAMI Naoko via le Kinotayo 2008, un excellent film japonais racontant le voyage initiatique d’une femme dans un coin reculé du Japon. Megane est un film où il ne se passe pas grand-chose et pourtant, ce voyage est d’un relaxant. Tout débute lorsque une femme arrive dans un hôtel loin de toute civilisation urbaine. Elle est accueillie par un tenancier bienveillant lui proposant une chambre pour le séjour. Commence la découverte d’un monde complètement différent, loin de tout, sauf de la nature, celle qui relaxe et apaise.

On découvre donc toute en douceur un monde qui nous semble rêveur et unique, un paradis terrestre dans ce qu il a de plus simple. D’ailleurs, ce bonheur est porté par une activité au doux nom évocateur : la crépusculade. Au début, tout spectateur semble curieux et un peu con aussi : mais qu’est ce qu’ils nous racontent ? La crépusculade, c’est quoi ?

Au bout des deux heures de film, on finit par en avoir une idée bien spécifique…et on a surtout envie de rejoindre cette petite tribu pour prendre une glace au bord de la plage. En effet, Megane n’est rien d’autre qu’une invitation au bonheur, à la simplicité et à la douceur lié à la nature et tout ce qu’elle a de plus apaisant…

 

Seul film que j’ai vu via le Kinotayo, Megane fut donc une bien belle découverte. Mais avec toute la sélection que j’ai loupé, la nuit Cinémasie arrivait au poil.

 

Pour ses dix ans, Cinémasie a organisé une nuit avec la projection de trois films venant de trois origines asiatiques différentes. Arrivé aux alentours de 23h45 avec un pote, on découvre le cinéma des Ursulines avec bonheur : comité restreint mais passionnée, salle moyenne au siège confortable, parfait. Après un rapide passage au toilette obligatoire, il était temps de saluer les quelques visages connus Hkcinémagiciens et aussi Hkmaniaks à savoir Pti’Panda, toujours présent et vaillant pour le cinéma asiatique tout comme le Sinoprodiens China, Jubei Yiagu où encore Oncle Tom. Les Cinémasiens étaient aussi bien sûr de la partie, avec si je me trompe pas, le Webmaster même du site en question et quelques collaborateurs comme Aurélien, l’organisateur même de la soirée. Quelques minutes plus tard arriva un bloggeur collègue de Taste of Asia à savoir Epikt, toujours opérationnel pour rire et parler de ciné bis.

 

Après une présentation de la soirée par deux Cinémasiens, j’ai su à ce moment là qu’il y avait Happy dans la salle : Happy quoi, à deux rangs devant ! Malgré mon petit regret de ne pas avoir pu échanger quelques paroles avec ce monsieur, je peux tout de même vous affirmer une chose : Happy porte très bien son nom.

Commençons les hostilités avec The Chaser de NA Hong-Jin, un polar coréen ayant fait sensation au dernier festival de Canne il parait. The Chaser est une course contre la montre d’un Mac recherchant désespéramment une de ses filles agonisant dans une baraque inconnue. Le tueur sera rapidement trouvé, mais la fille est entre la vie et la mort, et quand le Mac va savoir qu’elle est la mère d’une mignonne petite fille, il va tout faire pour la retrouvé quitte à bouder les flics qui sont un peu trop lent dans leurs méthodes. Rythmé, filmé de façon à s’imprégner à fond d’une ambiance sombre et à l’humour irrésistible, The Chaser est un polar excellent entaché par une fin un peu trop rallongé : pour faire simple, le film aurait du faire 20 minutes de moins. Ce qui m’a le plus dérangé, c’est le pessimisme forcé du film ne servant pas réellement son intérêt et celui du spectateur, tout comme la violence inutile d’une des agressions sur la fin. Le film se suffisait à lui-même avant pourtant, avec une tension palpable et croissante (on a vraiment peur du sort de certain), d’excellents comédiens et comédiennes, un style visuel accrocheur et un tempo convaincant (le film se déroule sur une journée d'ailleurs..), mais non, la fin m’à laissé un peu de marbre.
Mais bon, voici tout de même un excellent cru Coréen qui, au dépend d’être un indispensable, permet tout de même au cinéma Coréen de montrer quelques cornes cachés depuis pas mal de temps (et de légèrement me réconforter quand à la forme de ce dernier).

 

Quelques minutes plus tard pendant l’entracte, il y a eu la remise d’un lot de deux dvd pour tout le monde. J’ai eu le plaisir de recevoir un dvd de GITS, Stand Alone Complex et un autre, Jours d’hiver, oeuvre conçu par Kawamoto Kihachiro. Généreux les Cinémasiens ? Oui d’autant qu’il y avait des dvd pour tous. Un beau cadeau et un merci de plus à Cinémasie d’avoir démarché comme des vaillants chez les distributeurs pour notre bonheur.

 

Après un polar coréen, quoi de mieux qu’un dessin animé japonais pour détendre l’atmosphère ? Les joyeux pirates de l’île au trésor de IKEDA Hiroshi raconte les méfaits d’un jeune pirate à la recherche d’un trésor,  mais comme par hasard d’autres pirates s’en mêlent…

Alors moi qui croyais faire un petit somme pendant ce long anime, bah ce fût râpé. L’animation est au petit oignon, l’histoire sympathique, les personnages attachants, les séquences originales à l’humour bien troussé et un doublage français à se plier en huit. 1h30 de dialogue aux sous-entendus et autres connotations d’un autre monde absolument irrésistibles. C’est impossible d’en parler plus…il faut le vivre pour le croire, et je crois bien que certains compagnons du cinéma ne s’y sont pas trompés non plus. Par contre, désoler pour mon rire qui porte un peu … hihi. Et merci aux glaces Gervais hein !
Quelle chance d’avoir pu voir la dernière copie de ce film au cinéma : merci Cinémasie !

 

Après un café et quelques bonbons plus tard, le dernier film et pas des moindres pouvait commencer : Exilé de Johnnie To. Vu sous toute forme possible, je fut encore joie de re-découvrir ce chez d’œuvre d’action HK, même si je vais peut être attendre un peu pour le revoir une prochaine fois (il faut consommer avec modération pour garder le plaisir intact).

 

M’enfin les rideaux se lèvent, il est 6h30 du matin et il est l’heure de larguer les voiles, quitte à louper le petit déjeuner offert. Après avoir salué quelques personnes et remercié quelques Cinémasiens,  j’ai quitté ce beau monde un peu vite il est vrai. Je suis un peu parti comme un voleur, tel un ninja retournant dans sa demeure mais via cet article, je remercie encore une fois Cinémasie car ce genre d’événement est à ré-itérer pour le bonheur qu’il procure.

 

Bien Cordialement ^_^.

Laurent

Par Laurent
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Bonjour à tous, 

Un petit message pour vous exprimer toutes mes excuses pour l’inactivité du blog ces derniers mois, fin d’étude tendu oblige. Entre un diplôme d’anglais passé à répétition et obtenu (oufff), la recherche d’emploi, la soutenance de fin d’étude, l’attente du jury final et ma saturation concernant l’ordinateur, je n’ai eu ni le courage, ni la motivation de continuer le blog.
Mais cette période bien stressante est sur le point de se terminer, et l’activité risque de reprendre petit à petit d’ici la semaine prochaine.

Bien cordialement.

Laurent

Par Laurent
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Génie ? Peut être.

Ces premiers courts métrages comme les deux Nervous en 1999 où encore Down to Hell en 1996 annoncent un cinéaste différent, bourré d’idée et avec un style déjà bien spécifique. Le succès retentira assez rapidement d’ailleurs avec un premier long métrage fauché mais qui a fait le tour du monde par l’intermédiaire de nombreux festivals : son titre, vous le connaissez certainement tous : Versus, l’Ultime Guerrier. Un nom qui sonne comme une série Z, presque parodique mais qui aujourd’hui est connu de tous. Un Ultime Guerrier de la mort qui tue les mouches, ouhhh, ça fait flipper. Pourquoi un tel succès ? Bah euh…

Certains se posent encore la question d’ailleurs ! Aucun scénario, des comédiens qui sur jouent, un seul décor composé d’arbres et de feuilles par milliers, des personnages semblant complètement à côté de la plaque et surtout un film sentant bon la frime permanente. Puis bon, c’est con comme film, c’est parfois long puis ça fait mal à la tête.

 

D’autres sont tout de suite plus enthousiaste, comme moi d’ailleurs : une recette totalement décomplexée : du kung fu, du chambara camouflé, du gun, des zombies, des démons et des pouvoirs ancestraux se mélangent dans un bordel enthousiasmant. Puis le talent de Kitamura explose en  pleine face grâce à une mise en scène hallucinante à mes yeux, ce dernier ayant une facilité déconcertante à rendre impressionnant toute forme d’action dans un contexte pourtant peu propice (un peu comme les Evil Dead de Sam Raimi à l’époque). Budget ridicule, décors unique, comédiens débutants et totalement inexpérimentés, scénario qui tient sur un mini post-it…le système D parait il ? N’empêche, Kitamura va jusqu’au bout et nous sort un film ultra fun, bourré d’action et de personnages poseurs comme pas possible : même Donnie Yen est une fiote à côté de ce jolie monde ! Le travail sur le montage et le son renforce de façon exponentielle les images (Kitamura voulait un son encore plus tonitruant que dans Matrix : pari réussi) et les comédiens (Tak Sakaguchi par exemple, quel drôle de gugusse ce type) s’amusent comme des petits fous et nous le font bien communiquer. Versus, l’Ultime guerrier est démesuré, parfois bizarre mais tellement assumé, divertissant et drôle que l’imperfection quasi permanente du film n’en est même plus un défaut apparent.
Mais la suite est moins tonitruante, Kitamura enchaîne les films aux budgets forcément plus conséquents mais assez décevant pour la plupart. Alors, dans le désordre, Kitamura nous invente le somnifère filmique par excellence qui se révèle être au final une des pires bouses prétentieuses que le monde du cinéma nous a sorti : j’ai nommé Alive. 2 h de vide intersidéral, fallait le chier : Kitamura l’a démoulé. Juste avant, on a eu aussi le droit à Aragami, un long métrage sympathique faisant parti du projet DUEL. Tout part d’un pari avec Tsutsumi Yukihiko (futur réalisateur de 20th Century Boys : futur grand mastodonte japonais qui fera certainement parler de lui en temps voulu) : réaliser un film avec un seul décor pendant une durée bien définie, trois comédiens maxi et un mort mini avant la fin. A côté d’un 2LDK réalisé par Yukihiko (toujours pas vu pour ma part) ; Ryuhei Kitamura nous pond Aragami, film se laissant suivre, notamment grâce à ces comédiens posés, une ambiance recherché et bien sûr un duel final sympathique. Sympa, mais pas top non plus.

 

Mais un film va raviver la flamme chez certains d’entre nous en 2003: Azumi, un chambara moderne assez captivant. Doté d’une « actrice » mimi comme tout (starlette dans son pays : Aya Ueto), Kitamura signe une épopée réussie, assez violente et dotée d’images renversantes. Comment ne pas s’émouvoir lorsque que le bad guy souriant à tout va tue à petit feu un jeune guerrier dans un champ de blé sous un ciel au couleurs magiques ? Comment ne pas résister aux charmes de l’actrice principale ? Puis comment ne pas aimer les différents duels et autres combats titanesques du film ?

C’est imparfait certes, mais l’histoire simple se suit avec plaisir, le film se permet quelques envolés humoristiques sympas (parfois relou aussi), puis enfin : Kitamura nous pond un vrai film populaire sans pour autant renoncer à ces délires (bon, on est loin de Versus quand même hein). Kitamura n’hésite pas à expérimenter de nouvelles techniques de réalisation, telle cette caméra rotative (repris dans I Robot d’ailleurs), et il faut bien avouer que le tout est relativement bien emballé, que ce soit par la puissance des coups et des chorégraphies, par les couleurs chatoyantes de la photographie et des décors où encore par un montage vraiment lisible et agréable. Perso, j’aime beaucoup Azumi, et même davantage dans sa version longue, malgré quelques défauts qui gênent : certains personnages se retrouvent soit sur traités, soit aux oublis et le contexte pseudo historico-fictionnel ne fonctionne quasiment pas. Sans chercher trop loin, nous voilà en face d’un vrai film de divertissement de qualité. Par contre pour sa suite, réalisé deux ans plus tard par Kaneko Shusuke, il faudra revenir : sans âme, elle parait bien fade (le film hein, pas Aya Ueto, toujours aussi mimi).  

Puis Sky High arriva, film adapté d’un manga racontant le parcours d’une fille dans le purgatoire et renvoyé sur terre pour se venger de son tueur. Kitamura signe un film assez plat, aux combats étonnement fades et sans réelles saveurs rattrapés par le jeu de la comédienne principale (le sympa Princess Blade : et oui, c’était elle). Mais le film est trop long et pompé par trop de philosophie inutile et surtout inintéressante. On sent que Kitamura se positionne telle un cinéaste plein de question sur la vie, l’existence, le ressenti de ses personnages à l’écran, mais que tout ça se révèle fatiguant à la fin !

 

Puis arriva pour tous les fans de Kaiju et de Godzilla le film à ne pas louper : Godzilla Final Wars. Pour les 50 ans de notre Godzi préféré, Kitamura réuni la plupart de ses potes et potines dans un film hommage à tous les Kaijus. Malheureusement, les fans sont tristes : plein de Kaiju, plein de rampage, mais la magie est inexistante, les humains extra-terrestres font pale figure et le scénario met les monstres aux seconds plans : fatale erreur. Kitamura diverti, réalise quelques belles scènes d’actions, mais il déçoit en définitive. Rolala, un hommage en demi teinte, ce n’est pas top ça. Godzi fût pendant 50 ans, et il nous quitta (mura).

 

C’est tout de même bizarre de voir que d’un film à l’autre, son style si spécifique opéré dans Versus l’Ultime guerrier change, évolue où s’essouffle selon les avis de chacun. Des films qui vont petit à petit entacher le bonhomme, ses maladresses devenant récurrentes au fil du temps, telle une direction d’acteur à la ramasse, une mise en scène semblant de plus en plus transparente et sans recherche (où trop recherchée : on ne sait plus) et bien sûr une incapacité frustrante à réitérer les délires de Versus, où plutôt de faire quelque chose d’autre de réellement consistant (à part un Azumi captivant). Alors que peut-on attendre de Kitamura aujourd’hui ?

 

Lovedeath, toujours pas arrivé chez nous mais qui ne devrait pas tarder, semble plutôt sympa comme en a témoigné le premier Score Asia. Le film nous raconte les déboires d’un couple fuyant un chef Yakuza à la poursuite de son argent volé, le tout à la sauce Kitamura et un peu de sexe (un pistolet godé !). Les premiers échos semblent mitigés à droite à gauche, puis la durée du film fait assez flippée : 2h45 pour un Kitamura. (Au suicide !).

 

Personnellement, c’est du côté de Midnight Meat Train que j’attends Kitamura au tournant  par l’adaptation d’une nouvelle de Mr Clive Barker, maitre de la littérature horrifique (Candyman, Hellraiser and co). Ce dernier nous certifie que ce film sera la meilleure adaptation de ces œuvres et la plus horrifique (source du mag Mad-movies). En vue de la bande annonce excellente et plein de mystère, il se peut qu’il dise vrai le père Barker. Kitamura rejoint par le biais de ce projet le cercle des cinéastes asiatiques expatriés à Hollywood, ces voyages initiatiques ne s’étant pas toujours très bien déroulés pour la plupart d’entre eux (John Woo quoi, à part son Face/off !, WTF ?). Il ne reste plus qu’a attendre la sortie du film dans les salles pour se forger sa propre opinion.

Alors Kitamura, génie où escroc ? Bah euh…. Ça dépend je dirais (par voie de facilité, hihi). J’adore Versus et j’y vois du génie sur le plan formel, tout comme dans un Azumi captivant sur un plan plus globale. Ensuite, je déteste un Alive que je trouve énormément prétentieux pour un rien, dégueulasse formellement parlant et me donnant la gerbe par la capacité de partir d’un rien pour essayer d’en faire ressortir quelque chose.

 

Le cinéma, ce n’est pas de la magie, c’est de l’illusion Kitamura !

 

En tout cas, il ne me laisse pas indifférent, et bizarrement, malgré ses défaites cinématographiques, j’attends toujours avec une certaine impatience ses films …peut être la marque des grands réalisateurs …..Ou pas.  

Et vous, que pensez vous de ce réalisateur ?

Par Laurent
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Débat via Wildgrounds.
Réponse directe de l'article de Nihon-Eiga.

Exactement comme l’explique Nihon-Eiga, le cinéma est avant tout un art du divertissement qui peut être différemment perçu suivant sa culture historique et cinématographique. Le cinéma Japonais se pose comme l’un des témoignages culturels les plus persistants sur le Japon d’avant, le Japon d’ EDO pour citer la période qui semble la plus emblématique et représentée du cinéma Japonais et liée par des noms aussi prestigieux qu’un Tokugawa connu de tous.

Le cinéma Japonais nous a offert un nombre quasi-infini de représentation historique allant d’un réalisme poussé vers la fantaisie assumée. Il est intéressant d’essayer de capter ce que peut nous apporter un film, historiquement parlant, car pour les non-initiés (où si peu connaisseurs, dont moi) de l’histoire du Japon, le cinéma Japonais nous offre, par le biais du divertissement le plus souvent, un moyen on va dire « fun » de se cultiver. Pour exemple et aussi con que celui puisse paraitre, le manga Samouraï Champloo nous offre une entrée en la matière vivifiante et non pas dénuée d’humour. Si l’on met de côté les relations humaines entre les héros et les duels sur vitaminés irréalistes tout comme le scénario sentant bon la fleur des champs, Watanabe Shinichiro persiste dans la représentation d’un Japon d’Edo mixant le réalisme et la modernité. Alors certes, il faut réussir à capter le vrai du faux, la série n’hésitant pas à faire des sauts temporels « zarbis » mais les éléments historiques sont bien présents. La culture artistique du Japon d’Edo est visuellement persistante (vase, poterie, peinture, ect..) tout comme les différentes classes sociales qui s’y côtoient. Bon, l’historien de base peut sourire du côté historique d’un Samourai Champloo mais pour les jeunes pouces, pourquoi pas ? (même si je doute que la série les intéresse essentiellement pour l’histoire du Japon d’Edo bien entendu). Puis un anime de cette trempe peut être source d’un intérêt pour le Japon des Samouraïs …

Mais on peut aussi aller plus loin. La série des Zatoichi (Kenji Misumi & co) pour exemple permet aussi de se faire sa propre idée sur le japon d’Edo avec une définition plus adulte mais sensiblement égale que celle de l’anime précédent (sans les fantaisies évidemment). Shintaro Katsu évolue (avec les spectateurs que nous sommes : donc touristes avant tout) dans un Japon d’Edo semblant plus vrai que nature. Jeu de dé, sauna et geisha pour les loisirs, respect des traditions, duels nombreux, code du samouraï persistant, danger environnant et autres bandits vagabonds, architecture des villages et autres maisons réaliste, révolte social des travailleurs envers les dirigeants : les chambaras de la même trempe semblent être une vraie mine d’or concernant la représentation d’un Japon aujourd’hui révolue.

Voyage autrement moins touristique que la série des Zatoichi, Hitokiri est le genre de film qui persiste dans l’histoire en entremêlant des personnages ayant réellement existés. Ici, le cinéma japonais « touristique » cède la place à un cinéma au background beaucoup plus étoffé, où les valeurs des sentiments et des codes fusionnent avec l’histoire d’un pays : le Japon. Au-delà de la déchéance d’un homme se créant un enfer terrestre plus enflammé que ne l’est l’enfer post-mortem, Hitokiri est aussi un témoignage historique vivifiant mais difficile d’accès. Pourquoi ? Car l’appréciation historique du film dépend essentiellement de la culture personnelle du spectateur. Le film est appréciable sans rien n’y connaître sur le Japon, mais connaître un peu le background lié aux personnages du film apporte évidemment un plus non négligeable d’autant qu’aucun résumé ne vous dira qui est qui dans les moindre détails. Puis si comme moi, vous faîte parti de ceux qui connaissent « un petit peu » l’histoire du Japon, ce genre de film pourra certainement vous donnez envie d’aller fouiner dans quelques livres d’histoire et ainsi replacer les personnages dans leurs contextes.
Mais le Japon d’Edo n’est pas la seule cible, et le Japon contemporain est lui aussi mis à sac, mais plus par ses phénomènes de société que par l’histoire en elle-même. Même si on se souvient d’un bouleversant Le tombeau des lucioles où encore d’un Tora Tora Tora reprenant la seconde guerre mondiale à leurs façons, le cinéma Japonais aime titiller son pays dans ce qu’il a de moins glorieux. Ainsi, Suicide Club de Sono Sion, pour exemple, montre au monde entier un nouveau phénomène de mode Japonais : le suicide. Outrancier, gore, bordélique, le film joue de la fantaisie et du kitch assumé pour faire réfléchir, et Noriko Dinner Table suivra la cadence juste derrière. 

Le système éducatif Japonais est il complètement à l’Ouest ?
L
’excellent Battle Royal de Kinji Fukasaku nous présente un semblant de réponse intéressant (une classe est pris au hasard et est envoyée sur une île pour que les élèves s’entretuent…no comment) et dévoile une fois de plus un mal être Japonais de plus en plus persistant. L’image du père pendu alors que son fils rentre à la maison résume bien ce sentiment de malaise d’un pays proie à lui-même … Et encore une fois, le cinéma permet de créer un intérêt soudain sur un thème, un événement passé, sur l’histoire du pays …

Le cinéma Japonais sait donc associer plaisir du divertissement et réalité historique avec élégance : on ira même jusqu’à dire que l’histoire n’a jamais été aussi propice au divertissement, que la violence apparente de la période de Tokugawa fût donc bénéfique à long terme pour nous spectateurs. L’histoire du Japon contemporain permet aussi aux cinéastes de faire parler leurs inventivités et leurs positions tout en divertissant le spectateur. Mais le divertissement à un prix suivant le degré de détail historique incorporé dans une œuvre : on peut aussi bien apprendre d’un film qu’être perdue, le premier cas étant le must (et le plus peinard aussi, hein feignant!), le second cas étant bien sûr, pour toute âme proie à l’effort et à la compréhension, une raison noble de s’intéresser à l’histoire inhérente de ces œuvres voir plus, via les livres et autres médias (d’autant qu’il n’y a plus d’excuses aujourd’hui avec le web !). 
L’histoire teintée de sang est donc visiblement bien plus fondatrice que l’histoire teintée d’amour. D’ailleurs, je connais aucune héroïne liée au Japon d’Edo ayant réellement existée m’enfin peut être…

Allons fouiner pour voir …

Par Laurent
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