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Réalisateur : Ching Siu Tung, Raymond Lee
Cast : Ling Ching Sia, Yu Rong Guang
Durée : 94 min
Origine : Hong Kong
Année : 1993
Genre : Wu Xian Pian sensuel


The east is red / Swordsman 3 est le dernier volet d’une trilogie HK bien spéciale car elle fût la témoin (et actrice à temps plein) d’un soap opéra live des 90’s ! Pas mal d’événements se sont en effet multipliés entres le staff technique et le cast, ce qui eu une énorme répercution sur la production cinématographique de cette époque. Replaçons nous dans le « simple » contexte de la trilogie pour ne pas trop se perdre.

 

Le premier volet de la trilogie a eu un rôle bien particulier : faire renaître le Wu Xian Pian à la sauce Tsui Hark ! Oui, c’est ce dernier qui produit, et qui dit Tsui en tant que donateur de fond et superviseur dit Tsui au pouvoir. Pour se faire, il arrive à persuader King Hu pour la réalisation (L’hirondelle d’or où encore Touch of zen : c’est lui) et s’entoure de Ching Siu Tung et ses acolytes pour la chorégraphie des combats tout en n’oubliant pas de réunir un budget réellement conséquent pour l’époque : bref il y a du talent et des moyens pour casser la baraque.                                             Le remplaçant de Jet Li : Yu Rong Guang

Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu, Tsui Hark rentre en conflit avec King Hu, ces deux là n’étant pas sur la même longueur d’onde sur le plateau : King Hu doit réaliser un film qui n’est pas de lui, il a les mains guidées par le marionnettiste Tsui Hark !


Conclusion : un film bordélique, confus, où l’on ne comprend pas grand-chose. Il s’y mêle un contexte pseudo historique avec une aventure se déroulant sous la dynastie de Ming (pour changer !) et des combattants aux pouvoirs surnaturels le tout dans un montage au découpage horriblement typée HK (trop vif et épileptique dans le mauvais sens du terme pour y comprendre un semblant quelque chose). Ça fait quelques semaines déjà que j’ai regardé ce film et je n’en tire absolument aucun souvenir : c’est pas normal, d’autant que je suis un fan compulsif. La narration prend des raccourcis mal abordés, les événements s’enchaînent sans cohérence, les personnages volent sans avoir de but précis, les enjeux sont absents … c’est quoi ce bordel ?
                                     Même pas ridicule sur son mat (et c'est un espion)

Bon, Tsui a chié sur ce coup quand même (mais la faute ne revient elle qu’à lui ? mystère…), mais la suite du premier volet se révèle tout de même bien plus glorieuse pour la trilogie. Tsui à sous ses ailes un certain Jet Li, avec qui il a lancé la saga Il était une fois en Chine, le revival captivant du Kung Fu Pian. Sera donc présent au casting ce dernier mais aussi Ling Ching Sia, une autre égérie de Tsui déjà présente dans un de ses plus grands succès Zu, les guerriers de la montagne magique (que je n’ai toujours pas vu, euh...). Il ne reste plus qu’à confier la caméra à un réalisateur de confiance tel que Ching Siu Tung, un de ses anciens collaborateurs qui a aussi réalisé en 1983 Duel to the death, film annonciateur du genre même (et bien plus percutant que le machin The Sword de Patrick Tam de 1981 beaucoup trop surestimé à mon goût). Bref, y a du beau monde encore pour Swordsman 2
                  Une image poétique souvent vue (voir Nin Nin et Shinobi pour les plus récents)

Le premier volet digéré, il fallait donner suite à un film au récit mystère (pour moi hein !). L’histoire de ce second volet met en jeu le Canon du tournesol, un manuscrit renfermant le secret du Kung Fu Ultime. Jet Li y joue un guerrier porté sur le vin et les femmes. D’ailleurs, il tombera amoureux de l’invincible asia, un guerrier ayant changé de sexe pour devenir encore plus puissant ! No suspens, ce Wu Xian Pian est un petit bijou, il réussi à mélanger les cultures (Chine et Japonaises avec pour ce dernier une vision des ninjas qui vaut son pesant d’or), les querelles amoureuses, les combats surnaturelles impressionnants et un récit élégamment narré (tout le contraire du premier justement)! Puis il est rare de voir un Wu Xian Pian aussi sensuel porté par des actrices crevant l’écran. Jet Li n’y joue pas un second rôle pour autant, sa jeunesse et sa jovialité étant un atout de taille dans ce film, mais la femme y tient tout de même les reines, que ce soit une Ling Ching Sia au regard de braise et une Rosamund Kwan noyant sa tristesse avec élégance. Mais attention, on ne retrouve pas devant un film dénué de personnalité : les plans et le découpage made in hk sont bien présents (et dans le bon sens du terme), compréhensibles et maîtrisés. Bref, quelle réussite ! Swordsman 2 en devient un des fleurons du genre Wu Xian Pian …
                                     Quand je vous dis que la femme tient les reines ...

Maintenant, abordons le troisième opus, the east is red où plus simplement appelé Swordsman 3. Le titre amène ma première question, mais où est donc passé Jet Li, le Swordsman d’avant ? Comme à son habitude (voir son histoire avec John Woo et la trilogie du Syndicat du crime), Tsui Hark s’embrouille une de fois plus avec Jet Li cette fois ci. Les répercutions se font tout de suite sentir, avec tout d’abord un quatrième volet de la saga Il était une fois en Chine catastrophique sans son Wong Fei Hung favori, mais aussi avec une absence remarquée dans le dernier volet de la trilogie Swordsman. Bref, il est où l’homme à l’épée ?

 

Nulle part, car ce dernier volet accentue le rôle de la femme par rapport à Swordsman 2 déjà bien fourni en la matière. Ling Ching Sia revient en tant qu’héroïne repartant défier d’autres femmes usurpant son idée d’Invincible Asia. Sur son chemin, elle croisera une ancienne amante, mais aussi un général Japonais un peu trop conquérant, des sectes et autres guerriers, et un homme ami et ennemi à la fois joué cette fois ci par Yu Rong Guang, qui remplace ici Jet Li comme il le peut. Ce troisième opus se révèle être un bon Wu Xian Pian, à défaut de réitérer l’exploit de second opus, car ça commence à sentir tout de même un peu le réchauffé malgré des efforts visibles à l’écran.                              Ah Ling Ching Sia et ses grands yeux : hypnotisante beauté !

C’est bien Ching Siu Tung et son compagnon Raymond Lee qui réalisent, d’où une maîtrise technique sautant tout de suite aux yeux : magnifique décors à l’ambiance saisissante, narration maîtrisée, mise en scène agréable : on se retrouve en terrain connu avec plaisir, même si, à la longue, on se sent parfois trahie par la tournure des événements ! Le début annonce un récit intéressant avec une croisée des cultures prometteuses, avec les occidentaux et leurs armes à feu, les chinois et leur kung fu bondissant et les Japonais toujours aussi conquérants. Mais les idées de départ sont vite noyées dans le récit à tiroirs du film car ici, on ne se pose pas beaucoup de question, sauf pour les querelles amoureuses lesbiennes et lors des joutes et autres batailles navales.
                   Affrontement titanesque dans les airs (en mouvement, c'est encore mieux !) 

Oui, batailles navales ! Les joutes câblées sont peu présentes et laissent la place à des batailles sur mer,  avec des coups de canon et autres explosions de moyenne facture malheureusement. Malgré la beauté des navires et de quelques plans impressionnants, ces batailles restent peu puissantes; tout cela dû à une ambition mal mesurée par rapport aux budgets. Pour croire  à ce genre de séquence, il faut des plans larges, de l’ampleur… on dirait presque que ces batailles sont filmées comme un combat, technique ne fonctionnant mais alors pas du tout pour ce genre de séquence : petit beurk (d’ailleurs l’idée sera reprise et bien mieux gérée dans le cinquième volet de la saga Il était une fois en Chine, Dr Wong et les pirates) !

 

Mais à côté de cette déception, dès qu’un combattant s’élève au dessus des mers, on passe du coq à l’âne et la technique s’adapte de suite à ce qu’on à l’habitude d’apprécier chez Ching Sui Tung et consort: ça bondit, ça se bat dans tous les sens jusqu’à prendre les voiles des bateaux pour cogner son adversaire, bref, c’est beau et impressionnant…mais situé entre deux coups de canon d’une batailles navale. Il n’y a pas que ça , mais à la fin du film, on en ressort tout de même un peu saoulé de ce mal de mer ...                                 Une explosion qui renvoie notre héroine au premier plan

Par contre, je suis tombé amoureux au moins une dizaine de fois dans le film. Rarement je n’aurais vu des actrices autant mises en avant dans un film de cet acabit (à savoir le Wu Xian Pian sérieux). Malgré sa sexualité un peu spéciale dans le film, la sensualité de Ling Ching Sia et son regard perçant l’écran nous hypnotisent comme jamais pendant tout le film. Heureusement qu’elle est là la miss, car le scénario n’est pas passionnant sur la longueur …
                                 Un peu (beaucoup) de charme ne fait de mal à personne

La trilogie évolue donc en dent de scie, passant du coq à l’âne avant de finir en douceur. Elle marqua son époque par ses dérivés et autres démêlés entre producteurs, acteurs et réalisateurs, avec un Tsui Hark se plaçant au milieu de toutes ses mascarades. C’est peut être ça la magie du ciné HK, ces défauts et aussi ces qualités, fort heureusement !


Note : 7 / 10

Biblio : book bonus de l'édition dvd hkvideo.

Par Laurent - Publié dans : Kick and Sword
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Commentaires

superbe blog
je serais tres heureux si tu acceptais de temps en temps de publier des articles sur la communauté que je gere : Humeurs (le lien se trouve sur le coté de mon blog)

Que penses tu de la série de films histoires de fantomes chinois, je l'avoue j'adore
dois je avoir honte ?
amitiés
Commentaire n°1 posté par evasion735 le 12/08/2009 à 20h32
En fait je n'aime pas les cables. Mais comme je suis contradictoire et que j'aime Tsui Hark, LCS, les navires à voile et les samourais, et bien j'aime bien ce volet.
A noter que si un film contient tout ce paquet de bonnes choses + Donnie Yen, et bien je n'aimerai pas. C'est mathématique.
Commentaire n°2 posté par Guillaume le 07/01/2009 à 14h27
Meilleur épisode de la saga amha. Ca bondit, ca saute, ca vole, ca part dans tous les sens, LCS est une fois de plus hypnotique... bref, tuerie complete.
Commentaire n°3 posté par Guillaume le 02/01/2009 à 10h39
j'avais pas remarqué que tu aimais ce genre de film ... cool !
Réponse de Laurent le 07/01/2009 à 10h31
Bonsoir,

Je souhaite une excellente année et une longue vie dans la blogosphère à tous les membres de ma communauté cinéphile !

Amicalement,

Shin.
Commentaire n°4 posté par Shin le 02/01/2009 à 00h07
Merci bien.
De même !
Réponse de Laurent le 06/01/2009 à 17h38
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