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Débat via Wildgrounds.
Réponse directe de l'article de Nihon-Eiga.

Exactement comme l’explique Nihon-Eiga, le cinéma est avant tout un art du divertissement qui peut être différemment perçu suivant sa culture historique et cinématographique. Le cinéma Japonais se pose comme l’un des témoignages culturels les plus persistants sur le Japon d’avant, le Japon d’ EDO pour citer la période qui semble la plus emblématique et représentée du cinéma Japonais et liée par des noms aussi prestigieux qu’un Tokugawa connu de tous.

Le cinéma Japonais nous a offert un nombre quasi-infini de représentation historique allant d’un réalisme poussé vers la fantaisie assumée. Il est intéressant d’essayer de capter ce que peut nous apporter un film, historiquement parlant, car pour les non-initiés (où si peu connaisseurs, dont moi) de l’histoire du Japon, le cinéma Japonais nous offre, par le biais du divertissement le plus souvent, un moyen on va dire « fun » de se cultiver. Pour exemple et aussi con que celui puisse paraitre, le manga Samouraï Champloo nous offre une entrée en la matière vivifiante et non pas dénuée d’humour. Si l’on met de côté les relations humaines entre les héros et les duels sur vitaminés irréalistes tout comme le scénario sentant bon la fleur des champs, Watanabe Shinichiro persiste dans la représentation d’un Japon d’Edo mixant le réalisme et la modernité. Alors certes, il faut réussir à capter le vrai du faux, la série n’hésitant pas à faire des sauts temporels « zarbis » mais les éléments historiques sont bien présents. La culture artistique du Japon d’Edo est visuellement persistante (vase, poterie, peinture, ect..) tout comme les différentes classes sociales qui s’y côtoient. Bon, l’historien de base peut sourire du côté historique d’un Samourai Champloo mais pour les jeunes pouces, pourquoi pas ? (même si je doute que la série les intéresse essentiellement pour l’histoire du Japon d’Edo bien entendu). Puis un anime de cette trempe peut être source d’un intérêt pour le Japon des Samouraïs …

Mais on peut aussi aller plus loin. La série des Zatoichi (Kenji Misumi & co) pour exemple permet aussi de se faire sa propre idée sur le japon d’Edo avec une définition plus adulte mais sensiblement égale que celle de l’anime précédent (sans les fantaisies évidemment). Shintaro Katsu évolue (avec les spectateurs que nous sommes : donc touristes avant tout) dans un Japon d’Edo semblant plus vrai que nature. Jeu de dé, sauna et geisha pour les loisirs, respect des traditions, duels nombreux, code du samouraï persistant, danger environnant et autres bandits vagabonds, architecture des villages et autres maisons réaliste, révolte social des travailleurs envers les dirigeants : les chambaras de la même trempe semblent être une vraie mine d’or concernant la représentation d’un Japon aujourd’hui révolue.

Voyage autrement moins touristique que la série des Zatoichi, Hitokiri est le genre de film qui persiste dans l’histoire en entremêlant des personnages ayant réellement existés. Ici, le cinéma japonais « touristique » cède la place à un cinéma au background beaucoup plus étoffé, où les valeurs des sentiments et des codes fusionnent avec l’histoire d’un pays : le Japon. Au-delà de la déchéance d’un homme se créant un enfer terrestre plus enflammé que ne l’est l’enfer post-mortem, Hitokiri est aussi un témoignage historique vivifiant mais difficile d’accès. Pourquoi ? Car l’appréciation historique du film dépend essentiellement de la culture personnelle du spectateur. Le film est appréciable sans rien n’y connaître sur le Japon, mais connaître un peu le background lié aux personnages du film apporte évidemment un plus non négligeable d’autant qu’aucun résumé ne vous dira qui est qui dans les moindre détails. Puis si comme moi, vous faîte parti de ceux qui connaissent « un petit peu » l’histoire du Japon, ce genre de film pourra certainement vous donnez envie d’aller fouiner dans quelques livres d’histoire et ainsi replacer les personnages dans leurs contextes.
Mais le Japon d’Edo n’est pas la seule cible, et le Japon contemporain est lui aussi mis à sac, mais plus par ses phénomènes de société que par l’histoire en elle-même. Même si on se souvient d’un bouleversant Le tombeau des lucioles où encore d’un Tora Tora Tora reprenant la seconde guerre mondiale à leurs façons, le cinéma Japonais aime titiller son pays dans ce qu’il a de moins glorieux. Ainsi, Suicide Club de Sono Sion, pour exemple, montre au monde entier un nouveau phénomène de mode Japonais : le suicide. Outrancier, gore, bordélique, le film joue de la fantaisie et du kitch assumé pour faire réfléchir, et Noriko Dinner Table suivra la cadence juste derrière. 

Le système éducatif Japonais est il complètement à l’Ouest ?
L
’excellent Battle Royal de Kinji Fukasaku nous présente un semblant de réponse intéressant (une classe est pris au hasard et est envoyée sur une île pour que les élèves s’entretuent…no comment) et dévoile une fois de plus un mal être Japonais de plus en plus persistant. L’image du père pendu alors que son fils rentre à la maison résume bien ce sentiment de malaise d’un pays proie à lui-même … Et encore une fois, le cinéma permet de créer un intérêt soudain sur un thème, un événement passé, sur l’histoire du pays …

Le cinéma Japonais sait donc associer plaisir du divertissement et réalité historique avec élégance : on ira même jusqu’à dire que l’histoire n’a jamais été aussi propice au divertissement, que la violence apparente de la période de Tokugawa fût donc bénéfique à long terme pour nous spectateurs. L’histoire du Japon contemporain permet aussi aux cinéastes de faire parler leurs inventivités et leurs positions tout en divertissant le spectateur. Mais le divertissement à un prix suivant le degré de détail historique incorporé dans une œuvre : on peut aussi bien apprendre d’un film qu’être perdue, le premier cas étant le must (et le plus peinard aussi, hein feignant!), le second cas étant bien sûr, pour toute âme proie à l’effort et à la compréhension, une raison noble de s’intéresser à l’histoire inhérente de ces œuvres voir plus, via les livres et autres médias (d’autant qu’il n’y a plus d’excuses aujourd’hui avec le web !). 
L’histoire teintée de sang est donc visiblement bien plus fondatrice que l’histoire teintée d’amour. D’ailleurs, je connais aucune héroïne liée au Japon d’Edo ayant réellement existée m’enfin peut être…

Allons fouiner pour voir …

Par Laurent - Publié dans : Divers
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