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....

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Génie ? Peut être.

Ces premiers courts métrages comme les deux Nervous en 1999 où encore Down to Hell en 1996 annoncent un cinéaste différent, bourré d’idée et avec un style déjà bien spécifique. Le succès retentira assez rapidement d’ailleurs avec un premier long métrage fauché mais qui a fait le tour du monde par l’intermédiaire de nombreux festivals : son titre, vous le connaissez certainement tous : Versus, l’Ultime Guerrier. Un nom qui sonne comme une série Z, presque parodique mais qui aujourd’hui est connu de tous. Un Ultime Guerrier de la mort qui tue les mouches, ouhhh, ça fait flipper. Pourquoi un tel succès ? Bah euh…

Certains se posent encore la question d’ailleurs ! Aucun scénario, des comédiens qui sur jouent, un seul décor composé d’arbres et de feuilles par milliers, des personnages semblant complètement à côté de la plaque et surtout un film sentant bon la frime permanente. Puis bon, c’est con comme film, c’est parfois long puis ça fait mal à la tête.

 

D’autres sont tout de suite plus enthousiaste, comme moi d’ailleurs : une recette totalement décomplexée : du kung fu, du chambara camouflé, du gun, des zombies, des démons et des pouvoirs ancestraux se mélangent dans un bordel enthousiasmant. Puis le talent de Kitamura explose en  pleine face grâce à une mise en scène hallucinante à mes yeux, ce dernier ayant une facilité déconcertante à rendre impressionnant toute forme d’action dans un contexte pourtant peu propice (un peu comme les Evil Dead de Sam Raimi à l’époque). Budget ridicule, décors unique, comédiens débutants et totalement inexpérimentés, scénario qui tient sur un mini post-it…le système D parait il ? N’empêche, Kitamura va jusqu’au bout et nous sort un film ultra fun, bourré d’action et de personnages poseurs comme pas possible : même Donnie Yen est une fiote à côté de ce jolie monde ! Le travail sur le montage et le son renforce de façon exponentielle les images (Kitamura voulait un son encore plus tonitruant que dans Matrix : pari réussi) et les comédiens (Tak Sakaguchi par exemple, quel drôle de gugusse ce type) s’amusent comme des petits fous et nous le font bien communiquer. Versus, l’Ultime guerrier est démesuré, parfois bizarre mais tellement assumé, divertissant et drôle que l’imperfection quasi permanente du film n’en est même plus un défaut apparent.
Mais la suite est moins tonitruante, Kitamura enchaîne les films aux budgets forcément plus conséquents mais assez décevant pour la plupart. Alors, dans le désordre, Kitamura nous invente le somnifère filmique par excellence qui se révèle être au final une des pires bouses prétentieuses que le monde du cinéma nous a sorti : j’ai nommé Alive. 2 h de vide intersidéral, fallait le chier : Kitamura l’a démoulé. Juste avant, on a eu aussi le droit à Aragami, un long métrage sympathique faisant parti du projet DUEL. Tout part d’un pari avec Tsutsumi Yukihiko (futur réalisateur de 20th Century Boys : futur grand mastodonte japonais qui fera certainement parler de lui en temps voulu) : réaliser un film avec un seul décor pendant une durée bien définie, trois comédiens maxi et un mort mini avant la fin. A côté d’un 2LDK réalisé par Yukihiko (toujours pas vu pour ma part) ; Ryuhei Kitamura nous pond Aragami, film se laissant suivre, notamment grâce à ces comédiens posés, une ambiance recherché et bien sûr un duel final sympathique. Sympa, mais pas top non plus.

 

Mais un film va raviver la flamme chez certains d’entre nous en 2003: Azumi, un chambara moderne assez captivant. Doté d’une « actrice » mimi comme tout (starlette dans son pays : Aya Ueto), Kitamura signe une épopée réussie, assez violente et dotée d’images renversantes. Comment ne pas s’émouvoir lorsque que le bad guy souriant à tout va tue à petit feu un jeune guerrier dans un champ de blé sous un ciel au couleurs magiques ? Comment ne pas résister aux charmes de l’actrice principale ? Puis comment ne pas aimer les différents duels et autres combats titanesques du film ?

C’est imparfait certes, mais l’histoire simple se suit avec plaisir, le film se permet quelques envolés humoristiques sympas (parfois relou aussi), puis enfin : Kitamura nous pond un vrai film populaire sans pour autant renoncer à ces délires (bon, on est loin de Versus quand même hein). Kitamura n’hésite pas à expérimenter de nouvelles techniques de réalisation, telle cette caméra rotative (repris dans I Robot d’ailleurs), et il faut bien avouer que le tout est relativement bien emballé, que ce soit par la puissance des coups et des chorégraphies, par les couleurs chatoyantes de la photographie et des décors où encore par un montage vraiment lisible et agréable. Perso, j’aime beaucoup Azumi, et même davantage dans sa version longue, malgré quelques défauts qui gênent : certains personnages se retrouvent soit sur traités, soit aux oublis et le contexte pseudo historico-fictionnel ne fonctionne quasiment pas. Sans chercher trop loin, nous voilà en face d’un vrai film de divertissement de qualité. Par contre pour sa suite, réalisé deux ans plus tard par Kaneko Shusuke, il faudra revenir : sans âme, elle parait bien fade (le film hein, pas Aya Ueto, toujours aussi mimi).  

Puis Sky High arriva, film adapté d’un manga racontant le parcours d’une fille dans le purgatoire et renvoyé sur terre pour se venger de son tueur. Kitamura signe un film assez plat, aux combats étonnement fades et sans réelles saveurs rattrapés par le jeu de la comédienne principale (le sympa Princess Blade : et oui, c’était elle). Mais le film est trop long et pompé par trop de philosophie inutile et surtout inintéressante. On sent que Kitamura se positionne telle un cinéaste plein de question sur la vie, l’existence, le ressenti de ses personnages à l’écran, mais que tout ça se révèle fatiguant à la fin !

 

Puis arriva pour tous les fans de Kaiju et de Godzilla le film à ne pas louper : Godzilla Final Wars. Pour les 50 ans de notre Godzi préféré, Kitamura réuni la plupart de ses potes et potines dans un film hommage à tous les Kaijus. Malheureusement, les fans sont tristes : plein de Kaiju, plein de rampage, mais la magie est inexistante, les humains extra-terrestres font pale figure et le scénario met les monstres aux seconds plans : fatale erreur. Kitamura diverti, réalise quelques belles scènes d’actions, mais il déçoit en définitive. Rolala, un hommage en demi teinte, ce n’est pas top ça. Godzi fût pendant 50 ans, et il nous quitta (mura).

 

C’est tout de même bizarre de voir que d’un film à l’autre, son style si spécifique opéré dans Versus l’Ultime guerrier change, évolue où s’essouffle selon les avis de chacun. Des films qui vont petit à petit entacher le bonhomme, ses maladresses devenant récurrentes au fil du temps, telle une direction d’acteur à la ramasse, une mise en scène semblant de plus en plus transparente et sans recherche (où trop recherchée : on ne sait plus) et bien sûr une incapacité frustrante à réitérer les délires de Versus, où plutôt de faire quelque chose d’autre de réellement consistant (à part un Azumi captivant). Alors que peut-on attendre de Kitamura aujourd’hui ?

 

Lovedeath, toujours pas arrivé chez nous mais qui ne devrait pas tarder, semble plutôt sympa comme en a témoigné le premier Score Asia. Le film nous raconte les déboires d’un couple fuyant un chef Yakuza à la poursuite de son argent volé, le tout à la sauce Kitamura et un peu de sexe (un pistolet godé !). Les premiers échos semblent mitigés à droite à gauche, puis la durée du film fait assez flippée : 2h45 pour un Kitamura. (Au suicide !).

 

Personnellement, c’est du côté de Midnight Meat Train que j’attends Kitamura au tournant  par l’adaptation d’une nouvelle de Mr Clive Barker, maitre de la littérature horrifique (Candyman, Hellraiser and co). Ce dernier nous certifie que ce film sera la meilleure adaptation de ces œuvres et la plus horrifique (source du mag Mad-movies). En vue de la bande annonce excellente et plein de mystère, il se peut qu’il dise vrai le père Barker. Kitamura rejoint par le biais de ce projet le cercle des cinéastes asiatiques expatriés à Hollywood, ces voyages initiatiques ne s’étant pas toujours très bien déroulés pour la plupart d’entre eux (John Woo quoi, à part son Face/off !, WTF ?). Il ne reste plus qu’a attendre la sortie du film dans les salles pour se forger sa propre opinion.

Alors Kitamura, génie où escroc ? Bah euh…. Ça dépend je dirais (par voie de facilité, hihi). J’adore Versus et j’y vois du génie sur le plan formel, tout comme dans un Azumi captivant sur un plan plus globale. Ensuite, je déteste un Alive que je trouve énormément prétentieux pour un rien, dégueulasse formellement parlant et me donnant la gerbe par la capacité de partir d’un rien pour essayer d’en faire ressortir quelque chose.

 

Le cinéma, ce n’est pas de la magie, c’est de l’illusion Kitamura !

 

En tout cas, il ne me laisse pas indifférent, et bizarrement, malgré ses défaites cinématographiques, j’attends toujours avec une certaine impatience ses films …peut être la marque des grands réalisateurs …..Ou pas.  

Et vous, que pensez vous de ce réalisateur ?

par Laurent publié dans : Divers
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Débat via Wildgrounds.
Réponse directe de l'article de Nihon-Eiga.

Exactement comme l’explique Nihon-Eiga, le cinéma est avant tout un art du divertissement qui peut être différemment perçu suivant sa culture historique et cinématographique. Le cinéma Japonais se pose comme l’un des témoignages culturels les plus persistants sur le Japon d’avant, le Japon d’ EDO pour citer la période qui semble la plus emblématique et représentée du cinéma Japonais et liée par des noms aussi prestigieux qu’un Tokugawa connu de tous.

Le cinéma Japonais nous a offert un nombre quasi-infini de représentation historique allant d’un réalisme poussé vers la fantaisie assumée. Il est intéressant d’essayer de capter ce que peut nous apporter un film, historiquement parlant, car pour les non-initiés (où si peu connaisseurs, dont moi) de l’histoire du Japon, le cinéma Japonais nous offre, par le biais du divertissement le plus souvent, un moyen on va dire « fun » de se cultiver. Pour exemple et aussi con que celui puisse paraitre, le manga Samouraï Champloo nous offre une entrée en la matière vivifiante et non pas dénuée d’humour. Si l’on met de côté les relations humaines entre les héros et les duels sur vitaminés irréalistes tout comme le scénario sentant bon la fleur des champs, Watanabe Shinichiro persiste dans la représentation d’un Japon d’Edo mixant le réalisme et la modernité. Alors certes, il faut réussir à capter le vrai du faux, la série n’hésitant pas à faire des sauts temporels « zarbis » mais les éléments historiques sont bien présents. La culture artistique du Japon d’Edo est visuellement persistante (vase, poterie, peinture, ect..) tout comme les différentes classes sociales qui s’y côtoient. Bon, l’historien de base peut sourire du côté historique d’un Samourai Champloo mais pour les jeunes pouces, pourquoi pas ? (même si je doute que la série les intéresse essentiellement pour l’histoire du Japon d’Edo bien entendu). Puis un anime de cette trempe peut être source d’un intérêt pour le Japon des Samouraïs …

Mais on peut aussi aller plus loin. La série des Zatoichi (Kenji Misumi & co) pour exemple permet aussi de se faire sa propre idée sur le japon d’Edo avec une définition plus adulte mais sensiblement égale que celle de l’anime précédent (sans les fantaisies évidemment). Shintaro Katsu évolue (avec les spectateurs que nous sommes : donc touristes avant tout) dans un Japon d’Edo semblant plus vrai que nature. Jeu de dé, sauna et geisha pour les loisirs, respect des traditions, duels nombreux, code du samouraï persistant, danger environnant et autres bandits vagabonds, architecture des villages et autres maisons réaliste, révolte social des travailleurs envers les dirigeants : les chambaras de la même trempe semblent être une vraie mine d’or concernant la représentation d’un Japon aujourd’hui révolue.

Voyage autrement moins touristique que la série des Zatoichi, Hitokiri est le genre de film qui persiste dans l’histoire en entremêlant des personnages ayant réellement existés. Ici, le cinéma japonais « touristique » cède la place à un cinéma au background beaucoup plus étoffé, où les valeurs des sentiments et des codes fusionnent avec l’histoire d’un pays : le Japon. Au-delà de la déchéance d’un homme se créant un enfer terrestre plus enflammé que ne l’est l’enfer post-mortem, Hitokiri est aussi un témoignage historique vivifiant mais difficile d’accès. Pourquoi ? Car l’appréciation historique du film dépend essentiellement de la culture personnelle du spectateur. Le film est appréciable sans rien n’y connaître sur le Japon, mais connaître un peu le background lié aux personnages du film apporte évidemment un plus non négligeable d’autant qu’aucun résumé ne vous dira qui est qui dans les moindre détails. Puis si comme moi, vous faîte parti de ceux qui connaissent « un petit peu » l’histoire du Japon, ce genre de film pourra certainement vous donnez envie d’aller fouiner dans quelques livres d’histoire et ainsi replacer les personnages dans leurs contextes.
Mais le Japon d’Edo n’est pas la seule cible, et le Japon contemporain est lui aussi mis à sac, mais plus par ses phénomènes de société que par l’histoire en elle-même. Même si on se souvient d’un bouleversant Le tombeau des lucioles où encore d’un Tora Tora Tora reprenant la seconde guerre mondiale à leurs façons, le cinéma Japonais aime titiller son pays dans ce qu’il a de moins glorieux. Ainsi, Suicide Club de Sono Sion, pour exemple, montre au monde entier un nouveau phénomène de mode Japonais : le suicide. Outrancier, gore, bordélique, le film joue de la fantaisie et du kitch assumé pour faire réfléchir, et Noriko Dinner Table suivra la cadence juste derrière. 

Le système éducatif Japonais est il complètement à l’Ouest ?
L
’excellent Battle Royal de Kinji Fukasaku nous présente un semblant de réponse intéressant (une classe est pris au hasard et est envoyée sur une île pour que les élèves s’entretuent…no comment) et dévoile une fois de plus un mal être Japonais de plus en plus persistant. L’image du père pendu alors que son fils rentre à la maison résume bien ce sentiment de malaise d’un pays proie à lui-même … Et encore une fois, le cinéma permet de créer un intérêt soudain sur un thème, un événement passé, sur l’histoire du pays …

Le cinéma Japonais sait donc associer plaisir du divertissement et réalité historique avec élégance : on ira même jusqu’à dire que l’histoire n’a jamais été aussi propice au divertissement, que la violence apparente de la période de Tokugawa fût donc bénéfique à long terme pour nous spectateurs. L’histoire du Japon contemporain permet aussi aux cinéastes de faire parler leurs inventivités et leurs positions tout en divertissant le spectateur. Mais le divertissement à un prix suivant le degré de détail historique incorporé dans une œuvre : on peut aussi bien apprendre d’un film qu’être perdue, le premier cas étant le must (et le plus peinard aussi, hein feignant!), le second cas étant bien sûr, pour toute âme proie à l’effort et à la compréhension, une raison noble de s’intéresser à l’histoire inhérente de ces œuvres voir plus, via les livres et autres médias (d’autant qu’il n’y a plus d’excuses aujourd’hui avec le web !). 
L’histoire teintée de sang est donc visiblement bien plus fondatrice que l’histoire teintée d’amour. D’ailleurs, je connais aucune héroïne liée au Japon d’Edo ayant réellement existée m’enfin peut être…

Allons fouiner pour voir …

par Laurent publié dans : Divers
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Réalisateur : Teshigahara Hiroshi
Cast : Hira Mikijiro, Irie Miki, Nakadai Tastuya, Okada Eiji, Kishida Kyoko, Kyo Machiko, Igawa Hisashi
Durée : 124 min
Origine : Japon
Année : 1966
Genre : Nous nous cachons tous derrière un masque...

Seuls ses yeux et un bout de sa lèvre apparaissent au milieu de ce désert blanc. Le bandage recouvre toute sa tête, pas un seul cheveu ne dépasse du masque qui semble être la seule alternative à sa vie. Rapidement, cet homme nous apparaît perturbé par l’image qu’il renvoie. Il semble proie à lui-même et le masque commence à prendre possession de son esprit, de son corps, de sa vie… Mais il n’y a pas que lui qui a changé, son entourage semble aussi atteint du syndrome du masque. La femme du masqué ne peut assouvir les envies de son marie à cause de cette barrière étrange crée par le masque, la secrétaire du boss semble apeurée devant cet être si différent, ce corps sans visage. Bref, en plus d’être assez insupportable (il grogne de son sort la plupart du temps), le masqué est un être refoulé par tous, y compris par lui-même. Mais une chance s’ouvre à lui : un docteur peut lui donner le visage d’un autre grâce à une technologie qui ne cesse d’évoluer…

Un film philosophique rempli de questions qui trouveront certainement des réponses différentes selon sa propre personnalité, sa propre perception de la vie : voilà ce que Teshigahara Hiroshi nous propose. En effet, Le visage d’un autre est une œuvre plutôt difficile d’accès, relativement lente dans sa narration et agrémentée d’une mise en scène proscrivant tout mouvement de caméra au profit de la réflexion. N’étant pas un habitué du cinéma nippon de cette période, je me suis tout de même laissé envouter par une ambiance étrange, parfois irréelle et assez dérangeante crée uniquement grâce à quelques images superbement traitées de l’homme masqué face à ses interlocuteurs et aussi par le comportement même du masqué. Les discussions souvent épicées entre le masqué et les autres jouissent d’une qualité d’écriture assez remarquable, chaque échange permettant de mieux cerner les perceptions de chacun, le film nous aidant qui plus est à connaître le ressenti des différents personnages. Et c’est là que le film se veut une énorme réussite : il prend son temps pour que l’on puisse s’identifier au personnage, au background de ce monde vu par un homme qui ne semble plus faire partie de l’espèce humaine. La différence est donc bien un fardeau et ce fardeau, ce n’est autre que lui-même, l’homme masqué !

Le film offre de plus une narration toute propre pouvant se diviser en trois parties bien distinctes : la découverte de la vie avec le masque, le questionnement du masqué sur la causalité de son futur et enfin ses conséquences. La première partie nous montre donc la vie avant la naissance, la vie d’un homme différent. La longue séquence avec le couple pose le thème sans attente : la vie ne sera plus jamais comme avant avec le masque. Il est à noté que l’aval ne nous est pas évoqué, Teshigahara Hiroshi nous laissant libre cours à notre imagination sur le passif du masqué et de son entourage. Quelques indices pourront tout de même vous permettre de vous forgez votre propre opinion, le caractère des différentes personnes étant, on l’imagine, en contradiction par rapport à avant. M’enfin, le parcours de notre homme est subtilement négocié par le réalisateur, que ce soit dans sa vie professionnelle (via son boss et la secrétaire), personnelle (via se femme) et sa vie quotidienne (via quelques plans larges notamment où notre homme crée autour de lui un vent de curiosité propre à l’humain où encore dans des lieux plus communs comme un restaurant).

Après avoir posé les bases, Hiroshi Teshigahara nous place en face d’un Dieu en la personne d’un docteur en chirurgie esthétique (il n’y a qu’à voir son cabinet, visuellement assez abstrait, une salle semblant en suspension et géométriquement trop parfaite : impression très bizarre). C’est à partir de ce moment là que l’espoir apparaît chez notre masqué, un espoir semblant vain d’apparence car l’existence du masqué prète encore à confusion : dois il porter un bandage à vie où s’approprier le visage d’un autre ? 

 

Question hautement existentielle, le choix d’une vie assurément, mais à quels prix ? Aujourd’hui, le masqué est rejeté par sa femme, semble possédé par ses propres démons et se comporte bizarrement. Le masque le possède et l’homme jadis présent n’est plus. Mais peut-il revivre ? Il veut faire revivre le désir de sa femme envers lui, il veut que le regard des autres redevienne normal, il veut fuir la différence ? Le docteur semble avoir la réponse par l’intermédiaire d’un visage moulé puis ensuite transposé sur la tête de notre victime. Mais le risque d’un raté lors de l’opération est toujours présent, d’ailleurs il est marrant de constater que Teshigahara avait une vision du futur assez juste à son époque sur le sujet de la chirurgie esthétique…M’enfin, après avoir posé le pour et le contre, le masqué finie par céder. Il veut renaitre, il veut une vraie vie, il veut la normalité.

Puis la renaissance a lieu, ce visage apparaît soudainement à la place de ce bandage blanc, le docteur est fier de son travail, le visage semble parfait. La genèse même d’un autre soi semble avoir lieu devant nos yeux, d’une vision d’horreur lointaine et floue, le visage devient clarté, propre et normal. Ainsi, il repasse par les mêmes chemins pour voir si tout est redevenu normal et, de prime abord, les regards étranges ne fusent plus, il n’est plus le seul parmi les autres, il se fond dans la masse comme n’importe qui. En parallèle, la relation entre le docteur et son patient ne cesse d’évoluer sur la question éthique de la chose, sur le changement soudain de vie et des précautions à prendre. A partir d’ici, nos hommes vont petit à petit connaître un destin différent de celui prévu à l’origine et c’est là que Teshigahara se révèle minutieux, car il nous montre bien que l’on ne peut pas se prendre pour Dieu sans qu’il n’y ai de graves conséquences. L’habit ne fait pas le moine et malgré le visage parfait, le subterfuge est démasqué par une jeune femme relativement simple d’esprit lors d’une séquence quasi identique repris de la première moitié du film. Ce jeu de miroir, montrant d’un côté la vie avant l’opération et de l'autre,la vie après l’opération, est de plus accentué par une mise en scène quasi identique (jusqu’aux plans prêts).

Y a-t-il une différence entre l’avant et l’après ? Peut être, mais le résultat est en fin de compte le même, l’homme ne se supporte plus, il n’est plus lui, il ne pourra plus l’être et puis c’est tout. Mais le docteur est lui aussi proie à lui-même, notamment lors de cette superbe séquence où des hommes et femmes sans visage passent à côté de notre duo. On se croit tout d’un coup dans un monde rêvé (où cauchemardé) par l’un comme par l’autre, fruit de leurs imaginations et reflets de leurs âmes. On comprend ainsi que l’un comme l’autre vivent sous un masque, celui-ci étant aussi bien physique que morale. Et si nous étions tous les mêmes ? Nous serions libre de tout droit, de toute action, bonne ou mauvaise (voir le masqué entrain de séduire sa propre femme sous le visage d’un autre) quitte à transgresser les frontières car non reconnaissable envers nos semblables, non condamnable. Voilà peut être une des définitions les plus définitives de la liberté (d’ailleurs, la fin du film se veut carrément explicite sur ce sujet).  


Hiroshi Teshigahara nous propose ainsi quelques indices à travers ce long métrage afin de nous aider à comprendre ce qu’est l’identité propre grâce à un raisonnement par l’absurde (contourner la question en traitant un sujet antagoniste : la perte d’identité) et bien sûr, il nous propose une belle réflexion sur la recherche d’un soi perdu. D’ailleurs, pas besoin de coller un visage à un homme pour que l’émotion n’en ressorte…

 

Note : 8 / 10

par Laurent publié dans : Asian Drama
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Quels sont mes films préférés Japonais ? Tel est la question posée par Wildgrounds dans la pleine mouvance du Cycle Japonais. 10 films Japonais ? Pas si difficile que ça à établir pour ma part, car je suis un jeune joueur et mon expérience dans le domaine est encore assez fraîche. Pas d’excuses pour autant pour ne pas établir de sélection, voici donc mes films Japonais préférés du moment :


Akira
de Katsuhiro Ôtomo
Car la puissance de cet OVNI n’a jamais fini de me donner des frissons. Ça fait vingt ans déjà que Katsushiro Otomo nous a sorti cette bombe, aucune ride depuis et un exploit qui n’a jamais été réitéré. Violent, choquant, puissant, monstrueux tout simplement.

Ghost in the shell de Mamoru Oshii
Car il est la science fiction à l’état pur, car il nous plonge dans un futur intrigant d’effroi, car il incorpore de la philosophie dans ce qu’elle a de plus passionnant et car la recherche de soi n’a rarement été aussi symbolique.  Une œuvre qui gagne en puissance et en clarté à chaque vision renouvelée. 

Jin roh : la brigade des loups de Hiroyuki Okiura
Cette histoire m’a particulièrement touchée, et un anime se voulant ultra-réaliste dans son approche et me faisant verser quelques larmes, ne peut qu’avoir mon estime. De plus, la musique ne cesse de tourner dans ma tête, tout comme ces images poétiques parsemées tout au long du métrage…Oh Loup.

Godzilla contre Mohtra: battle for earth de Okawara Takao
Mon meilleur Kaïju à ce jour, mêlant avec force et passion de la poésie et du rampage dans un équilibre jamais vu pour le genre. Un retour en enfance magique, un moment unique : je veux mon Mothra de compagnie à la maison!

HitoKiri de Hideo Gosha
Un chambara brute, extrêmement nihiliste et qui se fout des codes cinématographiques préexistants dans un Japon d’EDO semblant plus vrai que nature. Mais c’est surtout la descente aux enfers d’un hallucinant Shintaro Katsu qui reste l’attraction principale de Hito Kiri : vivre le destin d’un damné, l’enfer d’un diable vivant, celui d’un homme dans ce qu’il a de plus humain, c’est passionnant de bout en bout.

Audition
de Miike Takeshi
Le film le plus maîtrisé de Miike à mes yeux! Ce dernier  nous ment dans une première partie gentillette, on se prend d’affection pour son personnage principal puis après, c’est le choc : le ton s‘assombrit d’un coup d’un seul, tout n’est que faux semblant, et la punition se révèle tout simplement horrible à vivre. La mise en scène sobre du bonhomme sert à merveille ce conte macabre. Une expérience unique.

Baby Cart de Kenji Misumi
Le chambara divertissant par excellence, sanglant dans l’excès, imagé avec brio et inventivité. Un must du divertissement bête et méchant.

Perfect Blue de Satoshi Kon
Ne vous fiez pas à l’animation quelque peu au rabais, Satoshi Kon entre en scène pour nous livrer un thriller psychologique d’un machiavélisme captivant. Le spectateur se perd dans ce jeu macabre qui prend plaisir à vous rendre fou, notamment grâce à une abstraction minutieuse de toute réalité entourant notre héroïne. Après Perfect Blue, on espère de tout cœur ne jamais devenir paranoïaque…

Pompoko
de Takahata Isao
Coup de cœur instantanée pour ce bijou écolo, drôle, osé et divertissant. J’adore nos amis les bêtes, et ce film représente un rêve éveillé…

La harpe de Birmanie
d’Ichikawa Kon
Vu très récemment et déjà un classique pour ma part. Un film humaniste porté pour une musique puissante et pleine d’émotion. Un conte adulte sur la guerre au ton juste, parfois naïf mais tellement magique. Laissez-vous bercer par le son de cette Harpe de paix et d’amour…

 

Et le numéro complémentaire :

Versus l’ultime guerrier de Ryhuei Kitamura
Fan du bis cinéma, Versus tombe pile poil. Film assumé de bout en bout, mélange de kung fu, de zombie et de gun fight en n’en plus finir, voici un de mes films cultes par excellence. Fait avec trois pommes, d’une imperfection totale, Versus reste l’œuvre d’un passionné pour les fans, un délire ultra-jouissif qui me rend tout baba au rhum à chaque vision. Cool gore attitude !



Peu de grands classiques ici ! Pourquoi ?

Car je suis un bleu dans le domaine. La période des 60’s 80’s me reste encore assez obscur, période pourtant propice à du cinéma encensé un peu partout dans le monde (tel la série des Sasori, les Kurosawa, les Seijun Suzuki, ect…) puis même aujourd’hui, certains TsukamotoKitano (pour ne citer qu’eux) restent obscures à mes yeux. J’ai pas mal de galette à la maison, il me manque plus qu’à les regarder. N’empêche, le cinéma Japonais est vaste, et il serait dommage de s’en priver,  vous savez donc ce qu’il vous reste à faire …

par Laurent publié dans : Divers
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Réalisateur : YAMASHITA Kensho

Cast : Kosuke Toyohara, Anna Nakagawa

Durée : 106 min

Origine : Japon

Année : 1994

Genre : Kaiju Eiga Cristallin

 

Tiens du Kaiju, ça faisait longtemps ! Un monstre géant qui défonce tout sur son passage, des amis d’ici et d’ailleurs qui font de même et bien sûr des rivalités qui se solutionnent par des batailles sanglantes ! Godzilla est toujours de la partie et nous revient ici en compagnie de pas mal de pote de différents horizons !

 

Comme le laisse présager le titre, un monstre venu d’ailleurs vient perturber la petite vie de Godzi et de ses amis humains qui le pourchassent ! Spacegodzilla, nom ma foi d’une logique étonnante, est né des cellules de Godzilla projetées où emmenées dans l’espace par le biais de BiollanteMothra ! Ces cellules sont ensuite entrées dans un trou noir, puis par l’énergie des étoiles et autres super nova, Spacegodzilla s’est vu évolué très rapidement ! Lien de parenté oblige,  il redescend sur Terre pour en découdre avec sa famille et pourquoi pas tout détruire en même temps !  Pour ceux qui n’auront pas suivi, le film vous explique tout ça dans les moindres détails. A part ça, on découvre aussi une troupe d’humain voulant mette à bien le projet T (prendre le contrôle de Godzilla) et le projet M (défoncer Godzilla par l’intermédiaire d’un robot construit pour l’occasion portant le nom de Moguera). A côté de ce beau monde, on découvre avec un grand plaisir un bébé Godzilla ayant grandi pour l’occasion ! Toujours aussi mimi le bébé ! Après toute ces retrouvailles, vous imaginez bien que tous ces monstres ne vont pas rester longtemps sans en découdre … et au niveau de ça,on revient toujours à nos bonnes vielles habitudes.

Le scénario ne présente donc aucune surprise de taille et perpétue la légende de Godzilla dans la continuité des précédents ! On retrouve donc une troupe d’humains qui aiment Godzilla (d’ailleurs, la psy est toujours présente : photo 1 dans un superbe couché de soleil) et d’autres qui veulent récupérer la puissance de Godzilla. Autant vous l’avouer tout de suite, les différents protagonistes restent plutôt en retrait et aucune émotion n’émanera de chez eux. Bon, passons de ce côté-là et concentrons nous sur les vraies stars ! Godzilla est toujours aussi élégant, il sort de l’eau et déambule dans les rues avec une fierté palpable (photo 2)! Space Godzilla, malgré son air de famille avec son homologue, se différencie grâce à des traits bien plus agressifs (photo 3), et une éruption cutanée de cristal sur le dos, source d’énergie première de ce monstre. Il s’aide qui plus est de ces cristaux en les implantant sur Terre, histoire d’avoir de l’énergie en rab. Ce monstre est visuellement réussi et dégage une vraie puissance, une vraie personnalité ! Les détails abondent, et sa technique de combat, quoique banal en fin de compte, reste un plaisir pour la rétine ! La surprise vient essentiellement du faîte que Space Godzilla aménage son champ de bataille avant de combattre, offrant un panorama étrange et inédit d’une ville en pleine transformation (photo 4). Des cristaux se mélangent aux grattes ciels de façon convaincante et les plans mettant en avant l’ampleur du changement sont souvent magnifiques. A côté de ce duo de tête, on retrouve un nouveau venu bien moins sympa hélas ! Moguera est bien fade visuellement (photo 5), avec sa perceuse à la place du nez ! Je ne vois réellement pas l’intérêt d’avoir crée ce nouveau robot, Mecha-godzilla n’étant pas si loin que ça dans les épisodes précédents ! De plus, à part sa capacité à se créer des chemins sous Terre, il présente peu de nouveauté à part se diviser en deux, l’un en foreuse, l’autre en une sorte d’avion amélioré ! Bref, on tourne un peu en rond et les humains sont de plus en plus désespérés. Le robot offrira tout de même de bons moments mais se renouveler pourrait être sympa (je sais pas, un Donnie de 100 m robotisé peut être, il parait que personne lui résiste). Pour les fans, bébé Godzilla aura son mot à dire (photo 6), m’enfin je vous laisse découvrir ses courtes aventures de vous-même… (je veux le même à la maison). Malgré son scénario convenu, le film se permet de dramatiser les batailles, notamment par l’intermédiaire d’un score tout à fait réussi ! Un ton héroïque peut même en ressortir, ce qui donne une certaine puissance aux joutes musclées (photo 7) où s’entremêle explosions, villes dévastées, grosses baffes et missiles jumeaux !  La première mission des humains, à savoir s’occuper de Godzi est excellente et non dénué d’humour ! Puis quand les choses sérieuses arrivent (à savoir le Spacegodzilla), c’est parti pour un long final d’une demi heure où seul les explosions priment ! Malgré une trame scénaristique excellente au sein de la bataille, cette scène reste beaucoup trop longue et répétitive à mon goût. C’et beau, c’est au début sympa, mais au fil du temps, c’est chiant ! Dommage d’autant que visuellement ça déchire, avec une mise en scène au petit oignon mettant en avant la puissance des monstres. Un manque de charme pénalisant reste donc en travers de ma gorge. Heureusement que la fin ne lésine pas sur le côté cool du Bébé Godzilla Godzilla contre SpaceGodziila, malgré ses défauts restent tout de même un divertissement très sympa, bien bourrin et rempli d’action. Mais pour qu’un Kaiju Eiga sorte du lot, il faut que le charme opère au delà de ce que nous présente aujourd’hui ….., tel la poésie d’un Mothra ..

 

Note : 6 /10

par Laurent publié dans : Kaiju Eiga
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